The Hill : Par le député David Jones, ministre des Affaires étrangères du Pays de Galles (de 2012 à 2014): A la fin du mois dernier, les dissidents iraniens résidant au camp Liberty en Irak ont subi une attaque à la roquette dans laquelle 24 personnes ont été tuées. Le camp Liberty (un ancien camp militaire américain, situé près de l’aéroport international de Bagdad) a servi comme « Lieu Temporaire de Transit » pour les membres de l’opposition iranienne, les Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) depuis 2011, lorsqu’ils ont été délogés du camp d’Achraf, un camp construit par eux-mêmes.
Leur installation au camp Liberty s’est effectuée sous la surveillance du HCR, conformément à un accord signé entre le gouvernement irakien et l’ONU. Cet accord a été approuvé et soutenu par les Etats-Unis.
Sur plusieurs milliers de résidents du camp Liberty, seulement quelques centaines ont été réinstallées dans un pays tiers. Cela montre l’échec des États-Unis et de ses alliés à honorer leurs obligations envers des personnes qui, dans le cadre d’un accord signé avec les États-Unis au début de la deuxième guerre en Irak, ont rendu leurs armes défensives, en échange de garanties de protection.
Les résidents du camp Liberty sont maintenant sans défense face à des attaques meurtrières répétées, perpétrées par des miliciens liés au régime iranien. Selon les rapports que nous avons reçus, les roquettes utilisées dans la dernière attaque provenaient d’Iran.
L’attaque du 29 octobre a été la septième attaque contre les résidents d’Achraf et de Liberty. Cela montre aussi l’échec des politiques poursuivies par l’Occident. Les États-Unis et l’ONU ont échoué. Ils n’ont pas réussi à mettre en ouvres les mesures nécessaires pour protéger les résidents du camp Liberty et pour les réinstaller dans un lieu sûr en dehors de l’Irak.
Peu après l’attaque du 29 octobre, la Secrétaire d’Etat américaine, John Kerry, a publié une déclaration dans laquelle il a promis de travailler avec l’Irak et avec la communauté internationale pour atteindre les deux objectifs susmentionnés. Mais ce n’est pas la première fois que le Département d’Etat publie de telles déclarations. Ce qui manque c’est un plan d’action clair. Il ne faut pas que la Maison Blanche fasse confiance à des gens qui se sont avérés être hostiles aux intérêts de l’Occident et de la Résistance iranienne.
A la suite de cette attaque, l’organisation mère de l’OMPI, le Conseil national de la Résistance d’Iran (CNRI), a critiqué l’attitude de la Maison Blanche et de l’ONU. La présidente élue du CNRI, Maryam Radjavi, a affirmé que les Etats-Unis et l’ONU ont été au courant du rôle des miliciens liés au régime iraniens dans chacune des six attaques précédentes, mais n’ont rien fait pour empêcher la réitération de telles attaques.
En effet, il serait pratiquement impossible de ne pas être conscient des liens étroits qui existent entre le régime iranien et les nombreuses milices chiites bien équipées qui opèrent dans les conflits confessionnels en Irak et en Syrie. Le fait que les États-Unis et leurs alliés ignorent cette réalité est très inquiétant. Dans les premières réactions du gouvernement américain face à l’attaque du 29 octobre, il n’y a aucun élément indiquant qu’il va faire quelques choses face aux milices liées au régime iranien.
L’attaque contre le camp Liberty a été certainement menée au su et probablement avec l’appui des éléments au sein du gouvernement irakien, étant donné que le camp Liberty se trouve très proche de l’aéroport international de Bagdad. En outre, les forces irakiennes – qui sont postées en permanence autour du camp Liberty – n’ont pas cherché à intervenir pour protéger les habitants du camp ou pour les avertir contre cette attaque de la part des milices armées.
Au lieu de cela, les militaires irakiens ont empêché le décapement des résidents du camp qui voulaient secourir leurs amis et ils ont empêché que les blessés reçoivent des soins médicaux vitaux.
Le régime de Téhéran modifiera certainement son attitude s’il constate que l’Occident adopte une position ferme face à ces attaques. La raison pour laquelle le régime iranien continue de mener des attaques contre l’OMPI est la suivante : l’existence de l’OMPI et l’impact des activités de l’OMPI sur la population iranienne sont une menace contre la survie du régime théocratique au pouvoir en Iran et contre les projets hégémoniques de ce régime dans la région. Il faut que les puissances occidentales soutiennent activement l’OMPI, avant que le régime iranien ne parvienne à détruire ce mouvement d’opposition.
En réponse à la dernière attaque, les Etats-Unis pourrait faire deux choses : soit accepter les réfugiés du camp Liberty sur son sol, soit mener des activités diplomatiques afin de convaincre ses alliés européens à les accepter sur leurs sols. Cela est possible. En faisant ça, on va certainement sauver des vies et on va contribuer à transformer le Moyen-Orient et le monde en un lieu plus sûr, plus pacifique.
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David Jones, ministre des Affaires étrangères du Pays de Galles (de 2012 à 2014), membre de la Chambre des Communes du Royaume-Uni et un éminent membre du « Comité parlementaire britannique pour la Liberté en Iran » (BPCIF).

