vendredi, décembre 2, 2022
AccueilActualitésActualités: AchrafBeaucoup de bruit pour rien! La « feuille de route », dernière...

Beaucoup de bruit pour rien! La « feuille de route », dernière « découverte » de Martin Kobler, un 41ème projet d’accord répétitif et creux, en sept mois, pour assujettir l’opposition iranienne dans la prison de Liberty

Le 22 juillet, tout en demandant de rencontrer Mme Maryam Radjavi, la présidentes élue du CNRI, M. Martin Kobler a écrit au représentant des résidents d’Achraf en ces termes :  » Nous sommes en contact avec le gouvernement irakien concernant la feuille de route pour le relogement des résidents du camp d’Achraf. » Le lendemain il a envoyé un e-mail intitulé  » projet de …  feuille de route, le 23 juillet. »

Ensuite, le 24 juillet, avec beaucoup de tapage il annonce:  » La mission des Nations unies en Irak a présenté à ce gouvernement une « feuille de route » destinée à compléter le relogement pacifique des exilés iraniens du camp d’Achraf au camp Hurriya (le camp Liberty). »
M. Kobler ajoute dans son communiqué:  » pour faciliter les autres départs qui déboucheront sur la fermeture du camp d’Achraf, la MANUI appelle les résidents à commencer sans délai les préparations pour le prochain départ, et demande au gouvernement irakien « d’être généreux concernant les besoins humanitaires des résidents et de continuer à chercher une solution pacifique dans ce dossier en toutes circonstances ».

1. Comme à l’habitude, les résidents et leurs représentants ignorent le contenu des discussions du « facilitateur » (M. Kobler) avec le gouvernement irakien, concernant leur sort et la version finale de la fameuse feuille de route, car le gouvernement irakien n’a jamais voulu discuter avec les représentants des résidents d’Achraf à l’extérieur de l’Irak. Parce que ce gouvernement préfère discuter en visant les armes vers ses interlocuteurs à Achraf et la liberty et en les menaçant d’arrestations (voir le communiqué du Comité international des juristes en défense d’Achraf, le 2 juin 2012).

–   En décembre dernier, Mme Radjavi a annoncé sa disponibilité à se rendre à Bagdad pour discuter avec le gouvernement irakien, mais celui-ci a rejeté cette proposition (communiqué du CNRI, le 21 décembre 2012).

–  Le 2 janvier 2012, Mme Radjavi a mis en garde contre les efforts acharnés du régime des mollahs pour faire échec à la solution pacifique, et a rappelé le précédent appel du Secrétaire général Ban ki-Moon aux nations membres de l’ONU, s’agissant « de soutenir et de faciliter l’application de tout arrangement acceptable pour le gouvernement d’Irak et pour les résidents du camp ». Elle a proposé d’organiser une conférence spéciale pour sauver la solution pacifique et mutuellement acceptable, à Paris, à Bruxelles ou à Genève, présidé par le Représentant spécial du secrétaire général des Nations-Unies en Irak (RSSG), avec sa participation ou celui des représentants d’Achraf, et celui des autorités responsables irakiennes et toutes les parties concernées (communiqué du CNRI le 2 janvier 2012). Le gouvernement irakien et le représentant spécial du Secrétaire général ne l’ont pas acceptée.

2. Le « projet de feuille de route du 23 juillet » que M. Kobler a envoyé pour le représentant des résidents et qui n’est absolument pas acceptable pour les résidents, ne comporte rien de nouveau. Ce n’est que la dernière version de dizaines d’autres projets d’accord et de lettres échangées entre M. Kobler et les représentants des résidents, qui s’élèvent au moins à 40 cas. Un processus graduel et une méthode d’usure qui a commencé le 18 décembre 2011, au cours duquel Martin Kobler a graduellement, étape par étape, éliminé les droits fondamentaux des résidents ou les a réduits en « peau de chagrin » afin de ne pas irriter, selon ses propres termes, la patience du gouvernement irakien rendue « presque à bout ».
 
3. Immédiatement après avoir reçu la feuille de route du 23 juillet, le représentant des résidents a répondu: « ceci n’est rien d’autre que la présentation des projets du gouvernement irakien et du régime iranien par l’UNAMI, d’autant plus que vous aviez également écrit dans votre lettre du 22 juillet que nous sommes en contact avec le gouvernement concernant une feuille de route pour le transfert du camp d’Achraf ». Il a ajouté:  » sans l’application des demandes minimales mentionnées dans le communiqué du 15 juillet du CNRI (huit des dix demandes minimales humanitaires des résidents pour quitter Achraf vers Liberty), il ne pourrait y avoir d’autres transferts ».

4. Dans cette feuille de route, comme dans les autres projets d’accord, les besoins humanitaires des résidents, tels que l’eau et l’électricité, les véhicules utilitaires, les voitures et les chariot-élévateurs sont remis à des arrangements incertains pour plus tard. L’expérience a montré qu’ils ne seront jamais appliqués. Notamment, dans tous les autres projets, il a constamment et vainement été répété que le gouvernement irakien est d’accord avec la vente des biens et le transfert des véhicules et des générateurs d’Achraf à Liberty « selon le besoin », mais en pratique il a refusé d’appliquer ses engagements. Malgré tout il a reçu les remerciements et les appréciations du RSSG à la réunion du Conseil de sécurité. A titre d’exemples:

• Dans les précédents projets d’accord il était prévu que l’eau de Liberty sera raccordé au réseau urbain avant le début du mois de ramadan, or, aucune date n’a été fixée dans la feuille de route. On peut lire dans celle-ci:
« Un comité technique sera organisé le mardi 24 juillet 2012 au camp Liberty avec la participation de la MANUI pour discuter des équipements et des questions d’ingénierie du futur système d’eau. »

Mais le jour du 24 juillet, malgré la situation catastrophique de l’eau dans le camp, la MANUI a informé les représentants de Liberty que la réunion du comité ne s’est pas tenue et que le jour précédent les techniciens du Ministère de l’eau ont discuté une dizaine de minutes avec les observateurs de l’ONU, et ont déclaré que dans le meilleurs des cas permettre le pompage de l’eau depuis un canal adjacent, voulu par les résidents, prendrait au moins trois mois.

• Dans la feuille de route il n’est fait aucune mention des six générateurs principales d’Achraf, dont les documents de propriété ont été remis depuis quatre mois à M. Kobler et aux autorités irakiennes. D’autant plus qu’il n’est pas possible de fournir l’électricité à Liberty ou de réaliser le pompage d’eau sans le transfert de ces six générateurs.

• Après sept mois, et en raison des interdictions d’entrée pour les commerçants et des acheteurs à Achraf, les résidents n’ont même pas pu vendre un dollar de leurs biens, et la feuille de route est muette à propos de la levé de cette interdiction. Il convient de rappeler qu’au cours des cinq derniers mois, les résidents ont dépensé plus de 2 millions de dollars en carburant. Car, depuis quatre ans le gouvernement irakien ne permet pas aux résidents d’acheter du carburant sur le marché irakien, et ceux-ci sont obligés de l’acheter dans d’autres pays à un prix plusieurs fois supérieures.

5. Cette feuille de route est en réalité un effort évident pour contraindre les résidents de renoncer à ces mêmes besoins humanitaires minimaux. En tout, 2000 résidents d’Achraf, par cinq contingents successifs ont été transférés à Liberty sans que leur soit fournit les minimums humanitaires et seulement sur la base de promesses écrites et orales selon lesquelles ces minimums seront accordés dans le prochain contingent. Maintenant, avec cette feuille de route, M. Kobler tente une fois de plus de répéter ce scénario, sans régler la question des minimums humanitaires, et uniquement sur la base de promesses vagues, il cherche à déloger de leur maison le reste des résidents pour les expédier dans la prison Liberty. En pratique, c’est exactement le plan du régime iranien et de ses vassales irakiens pour obliger l’opposition iranienne à capituler.

6. Cette feuille de route est le résultat d’un l’accord bilatéral entre le RSSG et la partie irakienne, tandis que toute feuille de route doit être le fruit de discussions tripartites, et comme l’a souligné à plusieurs reprises le Secrétaire général des Nations-Unies, tout accord doit bénéficier à la fois de l’approbation des résidents et du gouvernement irakien.

De quelle sorte de feuille de route s’agit-il? Ne faisant mention ni des arrangements d’un calendrier précis pour régler les questions prioritaires comme l’eau et l’électricité et la vente des biens meuble et immeubles des résidents, ni des arrangements nécessaires pour l’évacuation du camp et son inspection? Pourquoi n’y a-t-il aucune mention des questions primordiales. Des questions telles que la nécessité d’interdire toute ingérence du régime iranien, la situation juridique du camp Liberty et les droits des résidents, ainsi qu’un calendrier pour le processus de leur demande d’asile, alors qu’ils se trouvent dans un lieu fermé supposé être un lieu provisoire de transit, un processus qui ne devait à l’origine pas durer plus de quelques jours ou quelques semaines ou au plus quelques mois.
Pourquoi il n’est fait aucune mention de la nécessité de mettre fin à un blocus inhumain qui dure depuis maintenant quatre ans et qui constitue une violation flagrante des lois internationales? Pourquoi on refuse une activité lucrative aux résidents et on les prive de leurs droits à la liberté de mouvement?

Il semble que le seul objectif de cette feuille de route est de vider Achraf à n’importe quel prix et d’entasser les résidents dans la prison Liberty sans tenir compte des conséquences subséquentes. Comme il l’a affirmé au  Conseil de sécurité et dans son communiqué d’hier, M. Kobler ne compte que sur « la générosité du gouvernement irakien ». Le droit international, le droit des réfugiés, le droit humanitaire international, le droit international des Droits de l’homme et tous les principes reconnus des Nations unies et du Haut-commissariat pour les réfugiés, et leur droit à la protection tant insisté par le secrétaire général, ont été complètement oubliés et sacrifiés.

7. La seule utilité immédiate de cette feuille de route pour le gouvernement « généreux » d’Irak a été d’emblée une menace flagrante lancée à l’encontre des résidents, selon laquelle  » le gouvernement agira » si les résidents ne s’y soumettent pas (AFP, 24 juillet 2012).
8. Le vocabulaire et l’esprit qui domine dans cette feuille de route, nonobstant l’inexactitude de ses chiffres, est à vrai dire choquant, insidieux et truffé de contrevérités.

• Alors qu’elle devrait tendre vers l’avenir, la feuille de route commence tout d’abord par mettre en exergue le transfert (avec deux mois et demis de retard) de 300 climatiseurs et 10 générateurs et les restants des affaires des quatrième et cinquième contingents, pour insinuer que la plupart des demandes ont été réalisés. Comme si le gouvernement  » généreux » d’Irak, qui a pillé des dizaines de millions de dollars des biens des résidents et a écrasé 22 résidents sous les roues de ses blindés, aurait  fait preuve de charité en donnant l’autorisation de transférer seulement quelques-uns des 382 générateurs et des milliers de climatiseurs appartenant aux résidents à Achraf, suscitant l’exultation de M. Kobler. Si ce dernier ne s’attendait même pas à cela de la part régime irakien, il devrait donc tout d’abord admettre à l’absence de l’État de droit dans ce pays, et au règne de la loi de la jungle et du banditisme.
Au lieu d’insister sur le droit des résidents pour pouvoir construire les installations nécessaires et les espaces verts, contenu dans le protocole d’accord et dans les lettres du RSSG, M. Kobler écrit:
–  » Les habitations sont prêtes… (…) Les hôtels sont prêts… »

• Il présente la question de l’eau de telle manière qu’on croirait que le gouvernement irakien fournit 200 litres d’eau quotidiennement au résidents, il écrit:  » le gouvernement irakien continu d’assurer 200 l d’eau par jour pour chaque personne dans le camp. Les observateurs de l’ONU rapporteront quotidiennement la question de l’approvisionnement d’eau. » Il élude intentionnellement le fait que les résidents doivent eux-mêmes, à un prix élevé et en passant des heures dans de longs files d’attente, sous une chaleur de 55°,  transporter l’eau située à 12 km du camp, avec d’innombrables difficultés.

9. M. Kobler reçoit les rapports quotidiens produits pas les résidents de Liberty et ne peut ignorer leurs contenus. Par exemple, le rapport de la journée du 24 juillet, concernant l’eau et les autres besoins humanitaires, est éloquent, voici ce qui est écrit:
– Au cours des 24 dernières heures, suite au dysfonctionnement d’un des postes de pompage d’eau dans le secteur de l’aéroport, les camions citernes des autres parties de l’aéroport ont afflué vers la borne d’eau utilisée par les résidents. Par conséquent, entre 2h et 4h du matin aujourd’hui, présumant que les résidents pourraient profiter de la baisse d’affluence pour s’approvisionner en eau, ils ont été confrontés simultanément à quelques 16 à 20 camions citernes en files d’attente. Outre ces attentes pénibles à la station d’eau, aujourd’hui, à 13h, les conducteurs des camions ont été obligés d’attendre plus d’une heure et demie, dans la période la plus chaude de la journée, pour recevoir l’autorisation de sortir du camp et obtenir une escorte, en plus ils ont dû attendre plus de 8h à la borne d’eau, sous une chaleur  de 56° et alors que selon les rites religieuses (durant le ramadan) ces derniers font le jeûne.

–  Aujourd’hui, les observateurs de la MANUI ont informé les représentants des résidents du camp Liberty que Sadegh, du comité du bureau du premier ministre, a complètement rejeté le plan pour la construction de portiques afin d’empêcher l’entrée de sable et de poussière à l’intérieur des bungalow-dortoirs pour les personnes âgées, les malades, surtout les asthmatiques. Il a demandé que les résidents construisent un autre modèle pour qu’il puisse de nouveau l’examiner et décider de nouveau pour voir s’il l’accepte ou pas.

Ainsi, après près de quatre mois depuis que le premier plan de portiques a été présenté au représentant du gouvernement irakien, avec ses multiples va-et-vient et changements et la construction de nouveaux modèles etc. à l’instar des autres plans des résidents, celui-ci est toujours au point zéro avec le Comité et Sadegh. Ce dernier pratique de toute évidence une politique d’usure avec les résidents.
–  Depuis jeudi dernier, pour décharger et transporter les articles lourds transférés avec les 28 camions d’Achraf à Liberty,  les résidents ont demandé à recevoir des chariots-élévateurs, mais le comité du premier ministre a ignoré la demande des résidents, alors que selon les documents distribués à travers le monde par la MANUI,  » le gouvernement irakien a remis deux chariots-élévateurs qui doit être manipulés par des conducteurs Irakiens. Les conducteurs seront disponibles de 8h le matin à 6h de l’après-midi. Au besoin, le gouvernement irakien remettra un troisième chariots élévateurs. »

Il est évident que ces promesses creuses visent à masquer le refus de permettre aux résidents d’emmener au moins cinq de leurs chariot-élévateurs d’Achraf à Liberty. A présent, les résidents sont obligés, dans cette chaleur insupportable, de déménager à dos d’homme les lourds articles comme les climatiseurs à gaz transférés d’Achraf à Liberty, causant de nombreuses séquelles physiques chez les résidents.

-Aujourd’hui, cela fait six jours que les graines pour les espaces verts achetés par les résidents ont été saisies par les forces en tenue civile, sous les commandes de Sadegh, à l’entrée du camp. Alors que les graines de verdure ne représentent aucun danger sécuritaire ou d’utilisation à double usage. Il n’est pas clair pourquoi elles ont été saisies. Les résidents ont demandé à maintes reprises au comité de leur remettre une liste des articles interdits pour en être informé, mais le comité, sous divers prétextes, refuse de présenter une telle liste aux résidents, pour être en mesure d’appliquer à sa guise des refus arbitraires.
– Aujourd’hui, cela fait 127 jours depuis le décès de l’ingénieur Bardia Amir-Mostofian, mais le gouvernement irakien refuse toujours de remettre son corps à ses proches pour les funérailles.

10.  les habitants des camps d’Achraf et Liberty ont réitéré pour la énième fois, les minimums humanitaires indispensables avant la poursuite du déplacement vers Liberty, dans deux lettres envoyées au Secrétaire général de l’ONU, le 23 juillet (communiqué du 24 juillet du CNRI).  Ces demandes minimums constituent une partie seulement des exigences légitimes et justifiées des habitants d’Achraf, réclamées depuis le mois de septembre par les habitants et leurs représentants. Mais ils ont dû renoncer à la plupart de leurs droits à la demande du représentant spécial du secrétaire général de l’ONU et du représentant spécial de la Secrétaire d’Etat américaine. A ce jour, aucune feuille de route qui n’applique et ne garantie ces minimums, ne peut être acceptée.

Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 25 juillet 2012

 

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe