jeudi, février 2, 2023
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Après deux mois et demi, le gouvernement irakien refuse d’appliquer 8 des dix mesures humanitaires minimales pour le départ du prochain groupe d’Achraf à Liberty et se limite à transférer des climatiseurs et les biens restants des 4e et 5e groupes

– Violation des engagements et refus de transférer des équipements pour le pompage de l’eau, des véhicules légers et utilitaires, des préfabriqués aménagés pour des handicapés, des élévateurs, des matériaux et des outils indispensables à la construction de trottoirs, l’installation d’ombrages et d’espaces verts dans une chaleur de 55°.

– Les habitants ont annoncé que le 6e groupe ne partira que lorsque que le minimum humanitaire aura été assuré.

Au bout de deux mois et demi de retard et après dix jours d’inspection (commencé le 4 juillet), ce qui restait des biens personnels des 4e et 5e groupes d’Achrafiens qui auraient dû être transférés le 6 mai, a été envoyé dans l’après-midi du 15 juillet dans 28 camions d’Achraf à Liberty. Mais contrairement aux accords conclus le 13 juillet en présence des observateurs de l’ONU et les recommandations du représentant du gouvernement américain et du représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU (RSSG) à Achraf, les autorités irakiennes ont refusé le transfert avec ce convoi de trois véhicules spéciaux pour handicapés. Selon l’accord, la partie irakienne devait fournir un total de 29 camions pour le transport des biens personnels et 300 climatiseurs, mais il a manqué un camion pour les denrées alimentaires. Le 28 mai, le transfert de 300 climatiseurs et d’équipement pour mettre en place de l’ombrage avait été autorisé, en raison de la canicule. Un mois et demi plus tard les climatiseurs ont été transférés mais la mise en place de l’ombrage n’a pas été autorisée. Le reste de la cargaison, comme deux citernes d’eau et une d’eaux usées, font partie des convois habituels. 

Les Achrafiens et leurs représentants ont présenté depuis deux mois leurs requêtes en six points pour le départ du prochain groupe et le transfert de l’ensemble des habitants d’Achraf à Liberty, mais la réponse reste différée. Outre le RSSG, le conseiller spécial de la secrétaire d’Etat américaine le 24 avril avait assuré le représentant des Achrafiens que les véhicules et les préfabriqués aménagés pour les handicapés, ainsi que les véhicules utilitaires partiraient avec le 5e groupe. Mais les autorités irakiennes ont enfreint leurs promesses dans ce domaine. Après le retour à mi chemin à Achraf de six véhicules utilitaires appartenant aux femmes du 5e groupe, le conseiller spécial américain avait écrit : « Nous avons nous aussi appris avec regret le renvoi des véhicules utilitaires. Nous suivrons cela avec les autorités irakiennes pour savoir pourquoi cette mesure étrange et peu utile a été prise. »

Cela fait deux mois et demi que les engagements concernant le 5e convoi pour le départ du 6e groupe sont pris en otages provoquant une impasse et un blocage pour le départ des groupes suivants. 

Le 1er juillet, dans le but de briser cette impasse, un groupe de personnalités américaines et européennes, en présence de la présidente élue de la Résistance iranienne Maryam Radjavi, avait rencontré à Paris Martin Kobler, le RSSG, et les représentants des habitants d’Achraf et de Liberty.

Le 2 juillet, des personnalités américaines jouant un rôle d’intermédiaires ont présenté une liste de 10 points devant être réglés avant le départ du prochain convoi d’Achraf à Liberty au RSSG et aux représentants d’Achraf. « Les équipements figurant ci-dessous doivent parvenir à Liberty, écrivent ces personnalités, avant que le prochain convoi d’habitants d’Achraf ne parte. »

Le 2 juillet, le Vice-président du Parlement européen et président du Comité international pour l’application de la Justice qui fédère 4000 parlementaires des deux côtés de l’Atlantique, a annoncé une liste en 10 points des besoins des habitants avant de rappeler : « Après de longues discussions avec les représentants des habitants, les représentants américains et les représentants de l’ONU, des groupes parlementaires et des personnalités internationales de premier plan, les dix points figurant ci-dessous sont des minimums humanitaires qui doivent être entièrement assurés avant le départ des prochains habitants. »

Les minimums qui n’ont pas été mis en œuvre sont :

1- Le raccordement des canalisations d’eau de Liberty au réseau urbain. Pourtant selon les assurances données à plusieurs reprises par les autorités irakiennes et la confirmation de l’ambassadeur Dan Fried et de l’ambassadeur Kobler, cela aurait dû se faire avant le mois de Ramadan. Une autre solution serait de transférer les équipements nécessaires depuis Achraf pour le pompage de l’eau dans le canal situé à 150m de Liberty. Mais cela non plus n’a pas été fait. 
2- Au lieu du transfert de l’ensemble des 328 générateurs d’Achraf dont les habitants ont présenté à de multiples reprises les factures d’achat et les documents de propriété, le convoi d’aujourd’hui ne transportait que 10 générateurs de moins d’un mégawatt (un générateur de 100 KW, 7 générateurs de 150 KW, un générateur de 300 KW et un autre de 500 KW).
3- Six véhicules utilitaires (camions citernes pour l’eau, les eaux usées et le carburant), appartenant au 5e convoi qui le 4 mai avaient dû faire demi-tour à mi-chemin, n’ont pas été renvoyés à Liberty.
4- Trois véhicules et six préfabriqués spécialement aménagés pour handicapés n’ont pas été envoyés à Liberty.
5- Cinq élévateurs pour déplacer de lourdes charges que les habitants de Liberty sont actuellement obligés de faire à dos d’hommes n’ont pas été envoyés à Liberty.
6- 50 voitures ou leur équivalent en autobus pour le transport de 2000 personnes (30 véhicules pour 1200 personnes ont déjà été transférés).
7- L’autorisation de construire pour faire des trottoirs, des ombrages, des escaliers et pentes d’accès, des travaux pour les handicapés et la mise en place d’espaces verts.
8- Accorder l’autorisation d’entrer à Achraf à des commerçants et des acheteurs potentiels pour vendre au plus vite les biens meubles et le versement d’un acompte aux habitants avant leur départ à Liberty.
Le début les discussions des habitants et de leurs représentants financiers avec le gouvernement irakien, ou avec l’accord de ce dernier avec des interlocuteurs privés pour vendre leurs biens immeubles et la signature des accords nécessaires avant le transfert et le versement d’acomptes.
Au moins 200 personnes doivent rester à Achraf pour la maintenance des biens jusqu’à leur vente.

Dans son communiqué du 8 juillet, le comité international pour l’application de la justice déclarait : « Bien que les points mentionnés ne comprennent pas grand nombre des besoins pressants et nécessaires des habitants, ces derniers ont accepté leur transfert total à Liberty après la mise en œuvre de ces points, et nous pensons que c’est le maximum de flexibilité dont ils peuvent faire preuve. Il est temps à présent pour les USA, l’ONU et le gouvernement irakien de faire leurs devoirs. Nous appelons la communauté internationale, les parlements, les défenseurs des droits humains, les militants des droits civiques et les juristes à soutenir ces demandes minimales. La communauté internationale est face à un test majeur.
Nous voudrions souligner que plusieurs questions importantes de base comme la qualification du camp Liberty en camp de réfugiés, l’inspection du camp d’Achraf par les forces américaines et l’engagement du RSSG de s’abstenir de donner le moindre rôle au régime iranien pour intervenir dans le sort des habitants d’Achraf, sont des questions importantes qui ne peuvent être ignorées et sont nécessaires pour la sécurité des habitants d’Achraf et de Liberty. Nous ferons tout ce que nous pourrons pour les réaliser avec l’ONU, l’Union européenne, le gouvernement américain, les parlements et l’opinion publique. »

• Le gouvernement irakien refuse de restituer deux containeurs d’affaires personnelles des groupes 4 et 5 d’une valeur de 120.000 $, saisis il y a deux mois. Il s’agit d’affaires tout à fait légales et non militaires dont une grande partie se détériore dans une chaleur de 50°.

• Concernant le transfert de 3 véhicules et 6 préfabriqués spécialement adaptés pour handicapés, sur lequel insiste le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU dans le document d’opération de transfert du 8 juillet, les autorités irakiennes avancent qu’il faut les transporter dans un autre lieu, hors d’Achraf, pendant une période de sept jours, pour les inspecter sans la présence des représentants d’Achraf ni des observateurs de la MANUI. Ce n’est qu’après qu’ils pourront rejoindre le prochain convoi pour Liberty. Cela revient dans la pratique à suspendre le transfert des véhicules et des préfabriqués réservés aux paralysés des membres inférieurs. Il est clair que sans la présence des représentants des habitants et des observateurs de la MANUI durant ces sept jours d’inspection, tous les complots sont possibles. Pourtant les habitants n’ont aucune objection à ces inspections à l’intérieur d’Achraf en présence des observateurs de l’ONU, autant de jours qu’il le faudra. Lors de la dernière inspection de dix jours, tout a été inspecté, pièce par pièce, par les agents irakiens et l’unité de chiens policiers. La violation des engagements et le refus de transférer les équipements de pompage de l’eau, des véhicules utilitaires et de transport de passagers, des véhicules et de préfabriqués pour handicapés, des élévateurs, des matériaux et de l’outillage nécessaire à la fabrication de trottoirs, de mise en place d’ombrage et d’espaces verts par une chaleur de 55°, est franchement choquant.

Cependant, aujourd’hui, le RSSG a fait savoir aux Achrafiens par le biais de la MANUI que les Irakiens se rendraient dès le lundi 16 juillet à Achraf pour faire partir le 6e groupe. Les Achrafiens ont déclaré aux représentants de la MANUI que comme ils l’ont déjà déclaré à maintes reprises, le 6e groupe ne partira qu’après la mise en œuvre des 6 requêtes de minimum humanitaire, plusieurs fois annoncées, notamment dans une lettre commune de tous les résidents le 27 mai au Secrétaire général de l’ONU, à son représentant spécial et aux autorités américaines.

La Résistance iranienne appelle une fois de plus l’ONU, les USA et l’UE à contraindre le gouvernement irakien à respecter les « normes humanitaires des droits de l’homme » selon le protocole d’accord signé avec l’ONU.

Sans ce minimum, le départ des habitants d’Achraf pour la prison de Liberty, signifierait ouvrir la porte à une tragédie dont les dimensions dépasseraient de loin celles que le régime iranien et ses affidés ont commis en 2009 à Achraf contre ses habitants sans armes et sans défense. Tous les Achrafiens sont des personnes protégées par la 4e convention de Genève et selon le HCR, des demandeurs d’asile et des personnes sujets d’inquiétudes sous protection internationale.

Le 23 juin, des milliers de parlementaires de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et des parlements nationaux de 46 pays de cinq continents ont mis en garde dans une déclaration contre la transformation du camp Liberty en prison. « Le transfert des résidents à Liberty, ont-ils écrit, se continuera si leurs requêtes minimales en six points sont satisfaites. Nous avons demandé clairement au gouvernement américain, à l’Union européenne et à l’ONU de prendre des initiatives pour remplir ces requêtes minimales et s’abstenir de résoudre les problèmes au dépens des habitants come cela s’est fait par le passé. Toute solution basée sur une pareille approche sera intenable et ne fera qu’encourager le régime iranien et le gouvernement irakien à recourir à la violence et à multiplier les violations des droits des résidents. »

Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 15 juillet 2012
 

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