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ALTON : La crise se préparant à Liberty – Les opposants iraniens ont besoin de soutien, non de coercition

Par Lord David Alton

The Washington Times – Le Journal Officiel de 2012 – Jeudi 12 juillet 2012 – L’heure tourne, de plus en plus vite chaque jour qui passe, concernant la vie de plus d’un millier d’opposants iraniens exilés en Irak.
Il s’agit des hommes et des femmes qui ont fui le régime iranien pour s’installer près de Bagdad il y a plus d’un quart de siècle et qui, en 2003, ont reçu la protection par les forces armées américaines en vertu des Conventions de Genève.

Mais à présent, il semble qu’ils vont être tenus en otage par le Département d’État, leurs droits humains ignorés en raison de la politique et du désir de préserver les bonnes grâces du gouvernement irakien, dont le violent dessein de les déplacer du camp d’Achraf en Irak a été tragiquement démontré lors d’une attaque meurtrière l’année dernière.

Ces six derniers mois, les Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI) ont avec bonne volonté commencé un processus de transfert du camp d’Achraf vers une ancienne base militaire américaine, appelée Liberty, en se fondant sur un Protocole d’Accord négocié par les Nations Unies et les États-Unis avec le gouvernement irakien.

Mais les conditions qui ont accueilli cinq vagues d’opposants qui ont fait le voyage, 2000 personnes en tout, étaient une offense au nom Liberty. Ils ont trouvé des conditions davantage semblables à celles d’une prison et des normes de vie qui ne s’approchaient pas pour atteindre les besoins élémentaires d’existence.

Naturellement, le processus est bloqué. L’OMPI demande que les droits humains minimes soient respectés et que les forces irakiennes en charge du transfert cessent de revenir sur les termes de l’accord avant que le transfert des 1200 autres personnes soit effectué.

Mais au lieu que les États-Unis prennent la défense de l’OMPI, des responsables ont annoncé le 6 juillet qu’à moins que les opposants restants procèdent au transfert avant le 20 juillet – date à laquelle les Irakiens ont décidé que le délai pour la fermeture d’Achraf sera imposé – ils peuvent s’attendre à ce que la Secrétaire d’État Hillary Rodham Clinton refuse de les retirer de la liste des organisations terroristes.

Lors d’un briefing du Département d’État avec deux hauts responsables, il a été affirmé que l’OMPI était à blâmer pour « l’impasse » et que « le gouvernement irakien commençait à perdre patience ». Les responsables ont à plusieurs reprises fait allusion à l’idée qu’à moins que les opposants ne coopèrent durant les deux prochaines semaines, leur bataille de longue haleine pour que l’étiquette terroriste soit retirée sera perdue.

Mais quelle est la priorité ici – la politique ou la vie de 1200 personnes sans défense et vulnérables ?
Les responsables du Département d’État ont reconnu que le délai du 20 juillet imposé par les Irakiens place les résidents dans une position « précaire », et pourtant leur réaction – étant solidaires des Irakiens – prépare le terrain pour d’autres attaques par les forces armées. Le Département d’État ne réalise-t-il pas que si cela se produit, il aura du sang sur les mains ?
Pourquoi les responsables ne se concentrent-ils pas sur la bonne solution à la situation – protéger les vies et respecter les droits humains des membres de l’OMPI en forçant les Irakiens à respecter le protocole qu’ils ont signé ?

L’ambassadeur Daniel Fried, le conseiller spécial de la Secrétaire d’État concernant Achraf, prétend que les demandes de l’OMPI ne cessent de changer et que certaines ne sont pas essentielles aux droits humains fondamentaux.

En réalité, l’OMPI a fait exactement les mêmes demandes avant et après que la toute première vague d’opposants ait procédé au transfert à Liberty il y a sept mois. Vous pouvez en juger par vous-même pour savoir s’il est extravagant ou non de demander à ce que certains des équipements qu’ils possédaient à Achraf pour répondre aux besoins élémentaires soient mis à leur disposition à Liberty.

Avec des températures atteignant les 56° et le Ramadan s’approchant, l’OMPI a demandé que 300 appareils d’air conditionné soient transférés d’Achraf au nouveau camp. Ils ont demandé des réserves adéquates en eau et électricité pour remplacer les systèmes défaillants en place. Ils veulent des camions pour pouvoir amener leurs biens personnels à Liberty, plutôt que d’avoir à les porter de par les rues sur leur dos comme s’ils vivaient encore à l’époque du Moyen Âge. Ils veulent des véhicules, des bungalows et des infrastructures spécifiques adaptés aux invalides. Pour le millier d’hommes et de femmes blessés lorsqu’Achraf a été attaqué par les forces irakiennes en 2009 et 2011, l’OMPI veut 50 voitures pour aider les résidents blessés et les invalides à se déplacer. Cela ne représente qu’une voiture pour 40 opposants.

Y a-t-il là une seule de ces demandes qui soit trop exigeante ? Est-il injuste de demander aux Irakiens, à l’ONU et aux États-Unis de s’en tenir aux lois internationales conclues lorsque le protocole a été signé ?

L’OMPI a déclaré – à bon droit et à juste titre – qu’ils ne transféreront pas les 1200 derniers résidents jusqu’à ce que ces conditions, dix en tout, soient entendues. La réaction jusqu’à présent a été décevante, déraisonnable et contre productive.
Le choix pour les opposants restant à Achraf semble être celui-ci : Rester et affronter les conséquences – un probable massacre et le refus des États-Unis de retirer l’OMPI de la liste – ou partir à Liberty, vivre dans un camp semblable à une prison et affronter des conditions analogues à la souffrance d’une mort lente.

Il n’y a pas d’honneur dans aucune des options. La réponse doit être pour les États-Unis et l’ONU de cesser de laisser tomber les personnes à qui ils ont promis de les protéger et de leur donner une solution humanitaire réalisable – en se concentrant sur les simples besoins des opposants et en rendant Liberty vivable. Seulement à ce moment là toutes les parties commenceront de voir la lumière au bout du tunnel.

Lord David Alton est un membre indépendant de la Chambre des Lords et un membre éminent du Comité Parlementaire Britannique pour un Iran Libre.

 

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