Arc-En-Ciel n°60 – (les nouveaux droits de l’homme, 2009) – Depuis le mois de juillet, quand les forces irakiennes ont investi le camp d’Achraf ou 3500 réfugiés iraniens demeurent, sans arme depuis l’invasion américaine de 2003, on craignait pour la sauvegarde de ces militants de l’OMPI (organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran) bien qu’ils fussent protégés par la quatrième convention de Genève. En effet, à la violence du gouvernement irakien d’Al Maliki, sous l’influence des mollahs de Téhéran, qui fit alors 11 morts et 500 blessés, s’est ajoutée l’arrestation de 36 de ces réfugiés, sans aucun motif.
Immédiatement, associations de défense des droits de l’Homme, parlementaires de tous les pays, gouvernants démocratiques … se sont mobilisés car le risque était leur transfert en Iran (qui les réclamait) où ils étaient assurés – si l’on ose dire – d’une mort certaine, après torture, selon la coutume de la clique en place là-bas depuis trente ans. Ces prisonniers, eux-mêmes, ont entrepris une grève de la faim qui a duré 70 jours.
Trois décisions de la justice irakienne ont ordonné leur libération. Mais rien n’y faisait.
Le gouvernement Al Maliki, bizarrement mis en place par les Etatsuniens et ami d’Ahmadinejad ne respectait pas l’indépendance judiciaire. C’est donc la mobilisation internationale qui, jointe à l’action pacifique des grévistes de la faim, l’a obligé à céder et à raccompagner ses « otages » à Achraf. Une belle victoire, certes, mais à quel prix et pour combien de temps ?

