Lundi 2 septembre 2013
Saïd Massouri
Saïd Massouri, détenu politique de la prison de Gohardacht, a déclaré après le récent massacre au camp d’Achraf : « La nouvelle est douloureuse à son paroxysme et constitue en soi une catastrophe effroyable. Lorsque l’on entend cette nouvelle en prison, elle devient encore plus extrêmement insupportable. »
Le texte complet de cette lettre est disponible dans la « Campagne de Défense des Prisonniers Politiques et Civils » et vient comme suit :
Dans les pires minutes de cette nuit meurtrière
Des milliers de fontaines de soleil et de foi bouillonnent dans mon coeur
Je sens que dans chaque coin de ce désert de désespoir
Des milliers de forêts joyeuses sortent soudain de terre
Pour de vieux amis innocents massacrés
La nouvelle est douloureuse à son paroxysme et constitue en soi une catastrophe effroyable. Et lorsque l’on entend cette nouvelle en prison, elle devient encore plus extrêmement insupportable.
La situation évolue de telle manière que ces évènements ne sont toutefois pas imprévisibles (…)
Votre souvenir ne me quitte pas un seul instant. J’imagine alors la scène où, blessés sur les lits de la clinique, au lieu de voir se pencher sur vous un médecin pour vous soigner, vous voyez un agent de Nouri Maliki vous achever d’un coup de grâce !
En tant que prisonnier détenu et enfermé, que puis-je faire sinon me frapper la tête de mes mains vides, ou espérer que très vite, contrairement à la propagande de réforme et de modération (…) ces mêmes individus viennent à nous, prisonniers, pour nous donner à nous aussi un coup de grâce (…) Et pourquoi ne viendraient-ils pas ? (…) Quelque chose les en empêche ? (…) Et face aux conditions portées à leur paroxysme, ont-ils une autre solution ? (…) Et pourtant, certes, ce sont ces effusions de sang qui font bouger l’Histoire et changent le cours des choses (…) De toutes les manières, je ne vois pas mon destin différemment du vôtre et certainement nous vous rejoindrons tous très rapidement (…) Et ce sang est l’aube du changement qui appelle le cœur du soleil à briller en chacun
Saïd Massouri
Prison de Gohardacht
mardi 3 septembre 2013

