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L’ONU prête main aux fournées de propagande de l’Iran contre le camp d’Achraf

Par Tarsem King

PS – PUBLIC SERVICE EUROPE – 27 janvier 2012 – Les remarques attribuées au plus haut diplomate de l’ONU en Irak a permis à l’Iran un coup de propagande en suggérant que les opposants du camp d’Achraf veulent rentrer en Iran, écrit un membre de la Commission parlementaire britannique pour un Iran Libre.

En 1942, en plein milieu de la Seconde Guerre Mondiale, un haut diplomate européen bien attentionné était allé rencontrer un haut général de la Gestapo pour discuter du sort de milliers de Juifs qui avaient fui l’occupation nazie pour chercher refuge dans un pays voisin. Après la rencontre, le général avait annoncé que le diplomate lui avait dit qu’une grande partie des Juifs s’étaient lassés d’être loin de leur patrie et cherchaient à retrouver la chaleur de leur pays – même sous le pouvoir nazi.
L’histoire semblait tirée par les cheveux, mais l’homme de la Gestapo triomphant soulignait que la conversation avait eu lieu. Le diplomate européen, pour des raisons inexpliquées, ne semblait pas enclin à réfuter cela, bien qu’il était évident qu’il avait fourni une possibilité de propagande aux Nazis. En réalité, l’histoire était fantaisiste. Une telle rencontre n’a jamais eu lieu, pour autant que nous sachions.
Maintenant, 70 ans plus tard. Quelque chose de très analogue à cette histoire a lieu – et cette fois-ci c’est une réalité amère, mais une légende. Cela implique le sort de 3400 opposants iraniens dans le camp d’Achraf, en Irak, membres de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran, le principal mouvement d’opposition iranien. Ces Iraniens ont fui le pouvoir impitoyable du régime théocratique et trouvé refuge dans le camp d’Achraf, de l’autre côté de la frontière. Suite à l’occupation de l’Irak menée par les Américains, les résidents d’Achraf ont remis volontairement leurs armes aux États-Unis. En échange, chacun des résidents a signé un accord avec les Américains garantissant sa protection jusqu’à leur situation définitive.
Les ennuis pour les résidents d’Achraf ont commencé lorsque les États-Unis ont remis la sécurité du camp aux Irakiens en 2009. les forces irakiennes, agissant sur ordre du régime iranien, ont tué 47 des résidents sans défense et en ont blessé plus de 1000 dans deux massacres. Le délai arbitraire du premier ministre irakien Nouri al-Maliki pour fermer Achraf avant la fin de 2011 préparait le terrain à une catastrophe humanitaire, mais il a été révoqué dans les derniers jours de décembre en raison des pressions internationales.
Par la suite – avec les assurances de sûreté et de bien-être des résidents données par la Secrétaire d’État américaine et par les Nations Unies – Maryam Rajavi, la dirigeante charismatique des opposants iraniens, a empêché un autre massacre en persuadant les résidents de partir pour le camp Liberty, une ancienne base militaire américaine près de Bagdad, sous la surveillance permanente de l’ONU. Le gouvernement de l’Irak a également signé un Protocole d’Accord avec l’ONU à cet effet.
Mais Maliki, aux ordres de Téhéran, est revenu sur sa parole. Le camp Liberty a été pillé ; il ne dispose pas d’eau courante, ni d’électricité, ni d’infrastructures, et l’Irak a réduit la surface allouée de 40 km² à 1 km². Il érige également des murs qui transformeraient le camp Liberty pratiquement en un camp de concentration. Pendant tout ce temps, l’ONU ainsi que le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Irak, l’ambassadeur Martin Kobler, n’ont pas protesté.
Survient maintenant la partie déconcertante. Le 22 janvier, le régime des mollahs, dans ses médias, a cité son ambassadeur en Irak, Hassan Danaïfar, un commandant supérieur des célèbres Gardiens Révolutionnaires – notre Gestapo moderne – disant qu’il avait rencontré Kobler et qu’on lui avait dit : « Dans les rencontres que le Représentant de l’ONU avait eues avec les membres de ce groupuscule dans le camp d’Achraf, la majorité des membres … avaient fait part de leur empressement de retourner en Iran mais que les commandants terroristes de ce groupuscule ne les avaient pas laissés sortir du camp et qu’en quelque sorte ils les avaient pris en otage. »
L’ambassadeur des mollahs a déclaré que l’ambassadeur de l’ONU lui a dit qu’au moins 750 résidents d’Achraf sont prêts à revenir sous le pouvoir des mollahs. De nombreuses questions surviennent immédiatement à l’esprit. Si la mission de l’ONU est uniquement humanitaire et consiste à sauver les résidents d’Achraf, est-ce que l’ONU imagine un rôle humanitaire pour l’Iran afin de s’occuper de ses pires ennemis ? Il s’agit de l’histoire du vieux renard et du poulailler. Selon les résidents, l’ambassadeur de l’ONU n’a rencontré les résidents d’Achraf que pendant quinze minutes. Comment a-t-il été capable de procéder à une telle évaluation que 750 des résidents veulent revenir auprès de leurs tortionnaires ?
La presse étatique iranienne s’en est donné à cœur joie avec les remarques attribuées au haut diplomate de l’ONU en Irak. En fait, dans la mesure où l’ambassadeur de l’ONU n’a pas réfuté les remarques qui lui sont attribuées, Téhéran gonfle le chiffre d’origine et l’agence de presse Fars, le 24 janvier, a cité l’ambassadeur des mollahs affirmant qu’on lui a dit que 1260 des résidents sont empressés de revenir chez les mollahs. Davantage de silence de la part de l’ambassadeur de l’ONU ne permet à Téhéran que d’exagérer davantage le chiffre.
Chaque jour qui passe sans un démenti par Kobler augmente l’ombre du doute. L’ambassadeur devrait savoir que cela rendrait son mandat trouble. La Charte de l’ONU stipule que l’un de ses objectifs est d’arriver à la coopération internationale dans « la promotion et l’encouragement du respect pour les droits de l’homme et pour les libertés fondamentales ». Prétendre que cela pourrait être fait en jouant le jeu d’un régime répressif comme celui des mollahs n’est ni moral, ni éthique, ni défendable. C’est inconscient et cela coûterait la vie à d’innocentes personnes.

Lord King de West Bromwich est membre de la Commission parlementaire britannique pour un Iran libre.