mardi, novembre 29, 2022
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Rapport de conférence en direct : Auvers-sur-Oise, France – Tenir le régime iranien pour responsable du génocide, du terrorisme et de la défiance nucléaire

Live Conference Report: Auvers-sur-Oise, France – Hold Iran’s Regime Accountable for Genocide, Terrorism & Nuclear Defiance

Aujourd’hui, lundi 17 janvier, le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) organise une conférence à Auvers-sur-Oise, au nord de Paris, intitulée « Tenir le régime des mollahs pour responsable du génocide, du terrorisme et de la défiance nucléaire ». Plusieurs anciens responsables européens de premier plan prendront la parole et partageront leurs points de vue sur la politique iranienne. L’orateur principal sera Mme Maryam Radjavi, présidente élue du CNRI. Restez à l’écoute pour recevoir les dernières mises à jour de cet événement sur cette page.

Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne

Live Conference Report: Auvers-sur-Oise, France – Hold Iran’s Regime Accountable for Genocide, Terrorism & Nuclear DefianceMaryam Radjavi : la Résistance iranienne, forte du soutien populaire, est capable de générer un changement démocratique

Le lundi 17 janvier, une conférence a été organisée en présence de personnalités internationales à Auvers-sur-Oise. Guy Verhofstadt, ancien premier ministre de Belgique, Fredrik Reinfeldt, ancien premier ministre de Suède, John Bercow, ancien président de la Chambre des communes britannique et Franco Frattini, ancien ministre des Affaires étrangères italien y ont pris la parole.

Maryam Radjavi a ouvert la conférence avec le discours qui suit :

Monsieur le Premier ministre Guy Verhofstadt,
Monsieur le Premier ministre Fredrik Reinfeldt,
Monsieur le président de la Chambre des communes britannique John Bercow
et Monsieur le ministre Franco Frattini,

Je vous remercie pour votre présence à la Maison de la Résistance iranienne. Votre position contre le fascisme religieux au pouvoir en Iran au rassemblement annuel de la Résistance a tracé une ligne de démarcation très ferme avec l’idée faillie d’accorder des concessions à la dictature religieuse.

Le résultat de la sélection de Raïssi
Honorables amis,
Au cours de l’année écoulée, le gouvernement américain et les gouvernements européens ont fait preuve d’une grande souplesse pour parvenir à un accord avec le régime iranien. Au point que, selon les émissaires de ce régime, les États-Unis se sont dit disposés à lever une grande partie des sanctions.
Le représentant de l’Union européenne a même participé à la cérémonie d’investiture du nouveau président du régime, malgré la réputation sulfureuse d’Ebrahim Raïssi de bourreau du massacre de 30.000 prisonniers politiques en 1988.
Mais cela n’a rien changé, mis à part le fait que le régime a cette année développé son programme nucléaire à une échelle beaucoup plus grande pour accéder à l’arme atomique.
La même année, il a fait d’un bourreau du massacre de prisonniers politiques son président. Et pendant cette période de négociations, le nombre d’exécutions a doublé par rapport à la même période de l’an dernier.
Il a également redoublé d’incitation à la guerre et accéléré l’armement de ses milices mercenaires dans divers pays avec une variété d’armes, notamment des drones. Il a tiré à plusieurs reprises des roquettes sur l’ambassade américaine à Bagdad ou des missiles sur des bases américaines dans divers points d’Irak.
Ces événements soulèvent une question importante : pourquoi les mollahs au pouvoir répondent-ils à la retenue de l’Occident par de la belligérance ?
Pourquoi se tournent-ils de plus en plus vers la production de l’arme nucléaire ? Et quel est leur principal dynamisme pour semer le chaos ?
Pourquoi Khamenei poursuit-il des politiques qui semblent être en premier lieu au détriment du régime ?
La réponse à toutes ces questions est que la dictature religieuse est en situation de renversement.
Oui, le grand danger qui pousse Khamenei à tenter de l’éviter en acceptant les dangers de moindre importance, est le renversement.
Par exemple, au printemps dernier, pendant la campagne présidentielle, Khamenei a éliminé les candidats et les factions soi-disant modérés au sein du régime.
Or ces factions sont toutes fidèles au guide suprême, et leur rôle particulier a été de neutraliser la menace de renversement du régime pendant de longues années.
Leur élimination a sans aucun doute été une perte politique de poids pour le régime. Mais Khamenei a conclu qu’une légère division au sommet du pouvoir porterait un coup irréparable, car le régime est en situation de renversement.

L’économie en ruine
Un autre exemple est l’effondrement de l’économie.
Le régime évite ouvertement d’investir dans l’amélioration des moyens de subsistance, du bien-être, de la santé, de l’éducation, de l’emploi et du logement de la population. Cette situation accroît chaque jour le mécontentement. Mais Khamenei préfère par-dessus tout renforcer sa machine politico-militaire.
Car le régime est en situation de renversement.
En conséquence, nous voyons que l’eau et le pain, l’électricité et l’essence, la situation du logement et la question des salaires, tout fait l’objet de protestations générales.
Le taux d’inflation est d’au moins 50 %. Il n’y a pas de sources de financement pour la moitié du budget de l’année en cours. Et les économistes estiment que la détérioration de la situation économique ne peut plus être contrôlée.
Cependant, il est faux d’imaginer qu’une économie brisée est le facteur principal de la plongée du régime dans le tourbillon du renversement.
En fait, cette situation est le produit d’un autre facteur fondamental qui est la volonté de la société iranienne de renverser ce régime. Ce pouvoir n’a pas la moindre légitimité aux yeux du peuple iranien.

Live Conference Report: Auvers-sur-Oise, France – Hold Iran’s Regime Accountable for Genocide, Terrorism & Nuclear Defiance

Une relation hostile envers la population
Par ailleurs, il existe une relation ouvertement hostile entre le régime en place et notre peuple.

L’attitude des mollahs vis-à-vis de la société, de l’économie, des ressources vitales, de l’environnement, de la jeunesse, des femmes et des minorités ethniques est bien pire que celle d’une puissance occupante.

Dans l’Iran d’aujourd’hui, le régime traite notre peuple par la répression, l’effusion de sang et le meurtre. Et les Iraniens lui répondent avec le langage de l’insurrection
Lors du soulèvement de novembre 2019, au moins 1 500 insurgés ont été tués sur ordre de Khamenei et des milliers d’autres ont été arrêtés.

Selon des responsables officiels, 900 centres du pouvoir ont été la cible des insurgés.
D’autre part, la politique du régime à l’égard de la propagation du coronavirus est l’une des politiques hostiles les plus évidentes qui ne peut émaner que d’une puissance occupante.

Cette maladie a ôté jusqu’à présent la vie d’environ un demi-million d’Iraniens. C’est un dixième des victimes du Covid-19 dans le monde. Dès le début, Khamenei a ouvert la voie à la propagation de la maladie pour barrer la route aux soulèvements. Il a même interdit l’importation de vaccins sous prétexte qu’ils sont américains et britanniques.

On peut voir cette hostilité partout. Il y a deux semaines, les mollahs ont bombardé au canon des habitations dans des villages du Baloutchistan. Ils ont intensifié la torture et le meurtre des prisonniers politiques. Et ils ont mis en place une politique pour faire souffrir de faim la population.

Un autre exemple est la tragédie des tirs de missile des gardiens de la révolution sur un avion de ligne ukrainien tuant les 176 passagers innocents. Deux ans après, le régime n’est toujours pas disposé à donner la moindre réponse aux familles endeuillées.
Je déclare ici que l’affaire de la destruction de l’avion de ligne ukrainien doit être renvoyée au Conseil de sécurité de l’ONU et que ses responsables et ses auteurs, Khamenei sans aucun doute en premier, doivent rendre des comptes et être sanctionnés.

Chers amis,
On peut voir le mieux cette situation de renversement du régime dans les soulèvements en cours de divers secteurs de la société iranienne.
La poursuite de ces soulèvements indique l’énorme accumulation de problèmes politiques, sociaux et économiques laissés sans réponse et le désir urgent de changement fondamental dans la société iranienne.
La poursuite de ces soulèvements signifie également l’incapacité du régime, qui n’a aucun moyen de résoudre les problèmes de la société et par conséquent aucune solution pour réprimer les soulèvements, et veut trouver une issue en se dotant de la bombe atomique.

Chantage nucléaire
Certes, la bombe atomique ne sert à rien pour contrer les soulèvements. Mais cela sert à faire chanter les gouvernements occidentaux. Obtenir davantage de concessions des pays occidentaux est vital pour le régime clérical. C’est pourquoi il a donné à la fabrication de la bombe la priorité absolue par rapport aux autres voies. Et c’est pourquoi, dans la pratique, il a accepté l’effondrement de l’accord nucléaire.
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, on a demandé au ministre nazi des Affaires étrangères : « M. Von Ribbentrop, voulez-vous Dantzig ou le corridor de Dantzig ? » Et le ministre d’Hitler a répondu : « Il ne s’agit plus du corridor ou de Dantzig. Nous voulons la guerre. »
A présent, si vous demandez aux mollahs, voulez-vous la levée des sanctions ou une bombe ? A ce jour, ils répondent les deux. En l’absence d’une politique de fermeté, ils rendent les sanctions inefficaces. Et ils font traîner les négociations pour gagner du temps pour la bombe.

Cette situation a mis le monde, en particulier les gouvernements occidentaux, à l’épreuve.
Les gouvernements occidentaux ont longtemps payé le prix de leur complaisance avec le fascisme religieux en puisant dans les ressources de la résistance du peuple iranien. Ils en ont payé le prix en gardant le silence sur les violations des droits humains en Iran, notamment le massacre de 30 000 prisonniers politiques.
Ils en ont payé le prix avec le sort des pays du Moyen-Orient et leur inaction face aux guerres du régime des mollahs dans la région.
Mais désormais, il s’agit de la sécurité et des intérêts vitaux des pays et des sociétés occidentales qui sont en jeu. Les gouvernements occidentaux veulent-ils que le fascisme religieux, banquier central du terrorisme, soit équipé de l’arme nucléaire ?
Le peuple iranien et ses revendications ont été ignorés pendant des années. Or aujourd’hui, il est le facteur le plus sérieux pour déterminer l’avenir de l’Iran.
En 1978, malgré le grand nombre de conseillers en Iran, les États-Unis ne pouvaient pas saisir la situation objective et pensaient que l’Iran était un « îlot de stabilité ».

Les États-Unis et l’Europe veulent-ils répéter la même expérience ? Nous, nous disons qu’il est nécessaire de mener une politique adéquate et responsable. Cette politique consiste à faire preuve de fermeté face au régime et à se tenir aux côtés du peuple iranien.
Pourquoi se tenir aux côtés du peuple iranien est-elle la seule solution juste, nécessaire, fiable et tournée vers l’avenir ? Parce que le peuple iranien a connu la lutte contre les deux dictatures du chah et des mollahs. Et qu’il a fait fructifier le résultat de ses longues souffrances et du sang versé dans une résistance historique et une alternative démocratique.

Historique et programme de la Résistance iranienne
Les soulèvements et le mouvement de contestation qui assiègent aujourd’hui le régime vont dans le sens de la voie que cette résistance a ouverte. Et ce avec 120.000 martyrs pour la libération de l’Iran depuis quatre décennies.
Les membres de cette résistance, en endurant la torture, les tueries, les massacres et de nombreuses privations, ont dit non à la tyrannie religieuse et créé les conditions pour l’éruption des soulèvements actuels.
Avec l’expansion du mouvement de protestation, notre résistance a pu établir un réseau organisé d’unités de résistance dans toutes les provinces d’Iran. Ce réseau ouvre la voie aux prochains soulèvements grâce à des activités quotidiennes contre le climat de répression.

Les activités des unités de résistance montrent la voie à suivre aux soulèvements et aux mouvements de protestations et les conduisent de plus en plus vers le renversement du régime.

Malgré la répression sauvage durant toutes ces années, menée par le régime, notre résistance a su préserver son indépendance dans le domaine politique et le domaine financier. Ces derniers jours, la chaine satellite Sima-ye-Azadi a organisé son 26e téléthon, avec des vagues de soutien financier et d’affection abondant de diverses villes d’Iran et du monde. Cela montre le capital de sympathie dont bénéficie la Résistance auprès des Iraniens.
Avec son soutien et ses racines profondément ancrés au cœur de la société iranienne et s’appuyant sur un mouvement de jeunesse insurgée et militante dans la plupart des provinces, la Résistance iranienne prépare le moment du renversement du régime.
Tous les paramètres se dirigent vers ce point et le régime ne pourra pas y échapper. Outre l’abnégation des femmes et des hommes qui la composent, et au-delà de l’organisation et de la cohésion de ses rangs, la Résistance iranienne représente l’avenir libre, prospère et démocratique de l’Iran.

Le Conseil national de la Résistance iranienne, alternative démocratique au régime clérical, appelle à une république fondée sur la séparation de la religion et de l’État, l’égalité entre les femmes et les hommes et l’autonomie des minorités opprimées. Oui, un Iran non nucléaire qui coexiste en paix avec tous les pays du monde.
Beaucoup réalisent aujourd’hui que la lutte contre l’extrémisme au nom de l’islam passe avant tout par la nécessité du rôle des musulmans. Par conséquent, l’existence d’une alternative à cet égard est d’une importance cruciale. Mais une telle alternative n’est pas seulement une solution théorique, elle doit aussi s’appuyer sur un mouvement qui s’est soulevé contre la source de l’intégrisme islamiste et a en payé le prix et qui est en mesure d’apporter des changements dans la société.
Dotée de ces caractéristiques, notamment avec un soutien social suffisant et la capacité d’apporter un changement démocratique en Iran, la Résistance iranienne a été capable de vaincre intellectuellement et idéologiquement l’extrémisme sous couvert de l’islam en Iran et de le dénoncer au Moyen-Orient.

Les devoirs de la communauté internationale
Avant de conclure mon discours, permettez-moi de souligner les aspects les plus importants d’une politique appropriée que la communauté internationale devrait mener vis-à-vis du régime des mollahs.
Premièrement, les projets nucléaires du régime sont totalement contraires aux intérêts nationaux du peuple iranien. Négocier avec un régime qui n’adhère à aucune règle, ni loi, ne fait que lui permettre de gagner du temps. Activer les six résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sur les projets nucléaires en Iran, l’arrêt complet de l’enrichissement d’uranium et la fermeture des sites nucléaires, couplés à des inspections inconditionnelles, sont nécessaires pour empêcher le régime d’acquérir une bombe atomique.

Deuxièmement, la violation brutale et systématique des droits humains en Iran doit figurer à l’ordre du jour du Conseil de sécurité de l’ONU. Les dirigeants du régime doivent être traduits en justice pour quatre décennies de crimes contre l’humanité et de génocide, notamment le massacre de 30 000 prisonniers politiques en 1988 et l’assassinat d’au moins 1 500 manifestants en 2019. J’appelle tous les gouvernements et parlements, en particulier en Europe, à reconnaître le massacre de 1988 comme un crime contre l’humanité et un génocide.
Troisièmement, reconnaître la lutte du peuple iranien pour le renversement de ce régime et l’instauration de la démocratie et de la souveraineté populaire dans son pays. C’est le droit inaliénable du peuple iranien.

Chers amis,
Nous approchons de la date anniversaire du 20 janvier 1979, marquant la libération du dernier groupe de prisonniers politiques de la dictature du chah et dont Massoud Radjavi (le dirigeant de la Résistance iranienne) faisait partie. Dès l’arrivée de Khomeiny, Massoud a fondé et mené un mouvement qui allait résister au monstre de la tyrannie religieuse pendant plus de 40 ans. Il a organisé une résistance qui a propagé les soulèvements et les protestations et remonté le moral du peuple malgré une répression cruelle.
Nous sommes convaincus de la victoire de cette voie, c’est-à-dire de la résistance pour la liberté du peuple iranien. Cela développement favorisera la liberté, la démocratie et la paix dans le monde entier.
Je vous remercie.

Rapport de conférence en direct : Auvers-sur-Oise, France - Tenir le régime iranien pour responsable du génocide

Zohreh Shafaei :

Ma mère, mon père et mes deux frères ont été exécutés par le régime. Quel était leur crime ? Avoir soutenu les Moudjahidine, distribué leur journal, donné de l’argent à leur cause et soigné leurs blessés.

En prison, les gardiens de la révolution (pasdaran) ont essayé d’interviewer de force ma mère et mon père pour les contraindre à répandre des mensonges contre l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI). Mais ils ont refusé. Ils ont décidé de sacrifier leur vie pour obtenir la liberté du peuple iranien.

J’ai été arrêté à l’âge de 19 ans et j’ai passé de nombreux mois en isolement. Pendant mon séjour en prison, j’ai été témoin de tortures et d’exécutions. J’ai pu m’échapper miraculeusement de la prison et j’ai rejoint les membres de l’OMPI à Achraf.

La libération de l’Iran est plus que jamais à portée de main aujourd’hui. Le peuple iranien a le devoir de renverser le régime et d’instaurer la démocratie. Mais il attend aussi de la communauté internationale, et notamment des pays de l’Union européenne, qu’elle soit à ses côtés dans sa lutte au lieu de poursuivre des négociations stériles avec le régime.

Rapport de conférence en direct : Auvers-sur-Oise, France - Tenir le régime iranien pour responsable du génocide

Azadeh Alamian
J’ai passé du temps en prison en Iran quand j’avais trois ans, et j’étais avec ma grand-mère. Ses fils et sa fille ont été exécutés en prison. J’ai été arrêté à nouveau lorsque j’avais six ans, avec ma mère. En prison, j’ai vu des prisonniers aux yeux bandés qui étaient sévèrement battus et dont le corps était couvert de blessures.

J’ai vécu des moments très difficiles en voyant de telles scènes alors que je n’avais que six ans. Les gens du monde entier doivent savoir ce qui est arrivé au peuple iranien. Ils doivent connaître les histoires des membres de la Résistance iranienne qui ont accepté la mort, mais ne se sont pas soumis aux dictateurs au pouvoir en Iran.

Guy Verhofstadt, membre du Parlement européen et Premier ministre de la Belgique de 1999 à 2008.
Guy Verhofstadt, membre du Parlement européen et Premier ministre de la Belgique de 1999 à 2008 :

Nous devons discuter de l’impunité systématique du régime iranien. C’est notre devoir commun de dénoncer les violations de la démocratie et des Droits de l’Homme. Il est de notre devoir de défendre la démocratie et les libertés fondamentales.

La réponse du régime aux exigences du peuple est de l’évincer au lieu de résoudre ses problèmes. La crise de l’impunité en Iran a atteint un pic en juin lorsque Raïssi a été nommé président du régime. Il est l’un des principaux responsables du massacre de plus de 30 000 prisonniers politiques en 1988. Au lieu d’être jugé pour crimes contre l’humanité, il occupe le poste de président. Cela montre que l’impunité règne en Iran.

Les instigateurs et les auteurs de génocides doivent toujours être traduits en justice. Les crimes contre l’humanité ne peuvent jamais rester impunis. Nous sommes choqués par le génocide qui a eu lieu en Iran en 1988. Ces hommes et ces femmes sont morts uniquement parce qu’ils luttaient pour un Iran libre et démocratique. Et tant que les auteurs ne seront pas traduits en justice, il est de notre devoir de poursuivre cette affaire. La communauté internationale a fermé les yeux sur ce crime contre l’humanité, et cette passivité se poursuit à ce jour. Nous restons également aveugles et indifférents face aux familles en deuil des victimes et aux nombreux Iraniens qui vivent en exil.

Ce n’est que lorsque justice sera rendue que ces familles trouveront la paix. Il est maintenant grand temps que les Nations unies lancent une enquête officielle. Ne pas lancer cette enquête crée un dangereux précédent, non seulement pour le régime autoritaire d’Iran, mais aussi pour tous les autres régimes autoritaires. L’absence d’enquête sur le massacre de 1988 donne au régime le feu vert pour poursuivre ses crimes contre le peuple iranien.

Au lieu d’être un témoin silencieux de la détérioration de l’état de l’Iran, nous devons mettre au premier plan nos préoccupations concernant les violations des Droits de l’Homme. Une politique ferme devrait également concerner l’accord nucléaire avec l’Iran. Les pourparlers avec l’Iran ne doivent pas servir d’écran de fumée pour ne pas s’attaquer à la situation des Droits de l’Homme en Iran. Tout accord devrait inclure un chapitre sur les Droits de l’Homme et l’Etat de droit en Iran.

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John Bercow, président de la Chambre des communes du Royaume-Uni 2009-2019.

Je suis ici pour reconnaître la souffrance du peuple iranien et pour être la voix de la liberté. Ma conviction fondamentale est que les êtres humains aspirent à être libres. Les individus, les communautés, les États, les régions, les pays, veulent être autonomes. L’un de vos principaux slogans est « à bas l’oppresseur, que ce soit le shah ou le Guide Suprême ».

Je soutiens votre appel à une république laïque et démocratique et je soutiens le plan en dix points de Mme Radjavi pour un Iran libre.

Un élément crucial d’une démocratie n’est pas la tolérance, mais le respect de chacun.

Le massacre de 1988 doit faire l’objet d’une enquête. Nous devons faire toute la lumière sur cette affaire. Ebrahim Raïssi doit être poursuivi pour crimes contre l’humanité. Il est une honte.

On se concentre sur la question nucléaire dans une certaine mesure. Les démocraties doivent reconnaître qu’il y a une différence essentielle entre traiter avec d’autres démocraties et traiter avec d’autres pays dont les régimes ne sont pas démocratiques. Jusqu’à présent, tout indique que l’approche conciliante n’a donné aucun résultat. C’est le moment d’envoyer au régime un message clair : s’il ne suspend pas son programme nucléaire, les sanctions de l’ONU seront appliquées à nouveaux.

En ce qui concerne les Droits de l’Homme, il existe tout une litanie d’exemples. Pour ce qui est du massacre de 1988, nous parlons de crimes de masse contre l’humanité. L’inaction des instances internationales a eu un effet dévastateur sur les familles des victimes.

Nous connaissons les cas de terrorisme d’État. Ils continuent de se répéter.

Les protestations se poursuivent en Iran à grande échelle. Des protestations de travailleurs, d’enseignants, d’éducateurs, d’agriculteurs, de lycéens, de médecins, de créanciers, d’éleveurs, d’infirmières, d’hommes d’affaires, d’éleveurs de poulets, de chauffeurs de camions, etc. Ces manifestations ont pour caractéristique commune les heurts entre les manifestants et les forces de sécurité, la présence de femmes et l’indifférence des forces de sécurité pour les droits du peuple.

Le régime dépense des sommes astronomiques pour acquérir des armes de destruction massive dont il n’a pas besoin et qu’il ne devrait pas être autorisé à obtenir.

Non au shah, non à la dictature théocratique, non à la théocratie, oui à la démocratie.

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Fredrik Reinfeldt – Ancien Premier ministre de la Suède

De nos jours, il est très courant pour les dirigeants de dire qu’ils ont été élus. La démocratie, c’est la liberté d’expression, des médias, le droit de se réunir et de faire campagne, de se présenter comme candidat. Si vous ne suivez pas ces règles, vous n’êtes pas une démocratie. Raïssi ne soutient pas le peuple iranien. Il a été choisi parmi quelques hommes pour maintenir l’emprise des mollahs sur le pouvoir.

La situation en Iran est particulièrement inquiétante. Il y a une combinaison très dangereuse. Elle réunit l’autoritarisme et la dictature théocratique. Au nom de l’Islam, ils disent qu’il est juste de se haïr et de tuer des gens. Ils veulent créer un monde dans lequel nous ne pourrons jamais vivre ensemble. Comment peuvent-ils faire référence à un Dieu qui veut que nous nous tuions les uns les autres et que nous nous haïssions ? Ils pensent qu’ils peuvent gouverner au nom de Dieu et utiliser ce pouvoir pour nuire aux gens.

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Nous avons aussi les ambitions nucléaires. Les Iraniens veulent la liberté et de la nourriture. Ils ne veulent pas d’armes nucléaires. C’est l’idée de quelques-uns. Et ils ont besoin d’ogives nucléaires pour se sentir en sécurité. Sinon, ils peuvent subir des pressions et perdre l’influence qu’ils aiment avoir. C’est pourquoi ils veulent la bombe, ils pensent que s’ils ont une ogive nucléaire, ils peuvent repousser la communauté internationale. Il est donc très important que nous poursuivions le programme d’enrichissement de l’uranium de l’Iran.

Vous voulez que le monde voit et réagisse à ce qui se passe en Iran. Pourquoi ne le fait-il pas ? Lorsque l’on ne se préoccupe que de son propre pays, cela crée une atmosphère propice aux dictateurs. Il est extrêmement important de mettre en place un ordre mondial qui fonctionne.

Nous avons besoin que l’Europe s’unisse, défende ses valeurs et s’oppose aux règles autoritaires, notamment aux mollahs en Iran. Ils représentent une menace pour le monde en détournant l’islam, en cherchant à se doter d’armes nucléaires et en déstabilisant la région.

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Franco Frattini – Ministre des Affaires étrangères de l’Italie (en 2002-2004 et 2008-2011) et ancien commissaire européen à la justice, à la liberté et à la sécurité (2004-2008)

Les personnes qui se sont battues pour un Iran libre et démocratique sont de vrais croyants et de bons musulmans. Ceux qui tuent ou tolèrent de tuer au nom de Dieu commettent de graves blasphèmes. Ceux qui veulent le plein respect et l’égalité entre les hommes, les femmes et les personnes de religions différentes sont les vrais croyants.

Que devons-nous faire de cette tyrannie, de ce terrible régime qui bafoue les droits fondamentaux non négociables, de ce régime qui tue des milliers et des milliers de personnes ? Certaines personnes disent qu’il y a des différences entre les réformistes et les conservateurs. Ce n’est pas vrai.

J’ai participé aux négociations sur le programme nucléaire iranien en 2003, sous le gouvernement soi-disant réformiste de Khatami. Ces gens n’étaient pas différents de ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui. Ils voulaient obtenir des garanties pour avoir les mains libres pour commettre des abus contre leur peuple. Ils sont les mêmes. Ils n’ont qu’une seule préoccupation : suivre les ordres du Guide Suprême. Nous devons battre en brèche l’optimisme de certains qui pensent qu’il existe une meilleure direction. Il n’y a pas de meilleur leadership.

Un autre argument est que nous devons lever les sanctions parce qu’elles affectent des personnes innocentes. Ce n’est absolument pas vrai. En fait, plus ils ont d’argent, plus le régime dépensera d’argent pour son programme nucléaire et non pour améliorer la qualité de vie en Iran. Je soutiens l’idée d’une politique plus stricte envers le régime en matière de sanctions. Pas de complaisance. Nous devons savoir que chaque dollar dépensé sert à améliorer et à renforcer l’appareil nucléaire et militaire contre le peuple, à augmenter la capacité nucléaire d’intimider et de dominer non seulement le peuple iranien, mais aussi la région contre les pays du Moyen-Orient et à contribuer grandement à la déstabilisation du Moyen-Orient.

Nous devons être très fermes, surtout après la récente déclaration commune des cinq pays disposant d’un droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies, mettant en garde l’Iran contre sa prolifération extrêmement dangereuse.

Je tiens également à dire que nous courons le risque de nous isoler en ne pensant qu’à nos pays. C’est une terrible erreur. Pensez au terrorisme et à la déstabilisation. Si nous ne nous préoccupons pas de ces problèmes réels, tôt ou tard, ils arriveront chez nous. Les attentats terroristes commis par des personnes envoyées par le régime des mollahs pour tuer des innocents en Europe en sont la preuve. Si nous ignorons ce qu’ils font, ils viendront bientôt tuer dans nos quartiers. Il est donc important de rester ferme avec une capacité croissante. Ce n’est pas seulement un devoir moral, mais cela correspond aussi à nos intérêts pratiques. Si nous les ignorons, ils s’organiseront pour tuer dans nos pays. C’est une protection des droits universels et une protection des communautés iraniennes vivant à l’étranger dans nos pays.

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Franco Frattini

Ces violations massives correspondent sans aucun doute à des crimes contre l’humanité. Ces crimes doivent être punis sans limite de temps. Cela justifie notre action commune aujourd’hui. Nous ne parlons pas d’événements d’il y a trente ans. Nous parlons du devoir de punir des crimes qui ne peuvent pas disparaître. Ils doivent être punis indépendamment du temps. Sinon, il sera trop facile pour une dictature sanguinaire de couvrir ses crimes. Comment s’y prendre ? La bonne volonté politique. Je ne vois pas de réelle volonté de poursuivre et d’aller à l’encontre de ce type d’action qui restera définitivement. Nous devons également faire pression par le biais du Conseil européen pour sensibiliser à la terrible situation en Iran.

Le peuple iranien ne doit pas se sentir seul. Si un groupe de pays se réunit et lance un message disant que ce régime doit être renversé, qu’il ne peut pas utiliser son pouvoir pour tuer son peuple, si le peuple iranien se sent soutenu par la communauté internationale, vous et vos amis en Iran serez rassurés de savoir qu’ils ont un bon groupe de pays qui sont prêts à élever leur voix et à prendre des mesures concrètes.

Nous devons travailler à la création d’une juridiction internationale pour renforcer le rôle de la Cour pénale internationale. Nous devons essayer de surmonter les obstacles juridiques pour créer une juridiction universelle contraignante sur des droits non négociables. Si nous ne trouvons pas un moyen concret de combattre, d’arrêter et d’isoler ce régime sanguinaire, cela prendra plus de temps que nous ne le souhaiterions.

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Paria Kohandel :

Les gens de ma génération descendent dans la rue malgré les menaces d’être arrêtés, torturés et exécutés et malgré la pandémie de coronavirus.

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Ali Fatemi :

J’ai fui l’Iran pendant les manifestations de 2009. Beaucoup de mes amis ont été exécutés. Sous le régime des mollahs, l’Iran a été marqué par les exécutions, qui se poursuivent encore aujourd’hui. L’un des responsables du massacre de 1988 est Ebrahim Raïssi, qui est maintenant le soi-disant président de l’Iran. Il est analphabète. Il fait partie du système judiciaire depuis plusieurs décennies.

Dans le même temps, il existe un mouvement mondial sous la direction de Madame Radjavi, avec le soutien du peuple en Iran et dans le monde entier. Au nom de la jeunesse iranienne en Iran et à l’étranger, je vous remercie de soutenir la Résistance iranienne et vous demande de condamner ce régime et de soutenir ce mouvement.

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