mardi, décembre 6, 2022
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La solution c’est un changement de régime en Iran – Gilbert Mitterrand

Gilbert Mitterrand, président de la Fondation France libertés – Danielle Mitterrand, participait le 16 décembre à un colloque à Paris intitulé Intitulée, « la situation explosive de l’Iran, le régime des mollahs encerclé par les crises ». La conférence internationale, organisée au Palais Brongniart, a vu la participation de plusieurs personnalités européennes, arabes et Nord-américaines. Elle a été ouverte par Jacques Boutault et Jean-François Legaret, maires du 2ième et 1er arrondissement de Paris, qui ont remis à Maryam Radjavi, présidente du CNRI, l’appel de soutien de plusieurs milliers de maires et d’élus de France à la Résistance iranienne et à son appel à la justice pour les victimes du massacre des prisonniers politiques en 1988 en Iran.

Dans son intervention, le fils du feu président François Mitterrand a déclaré :

« Nous avons été invités à participer à ce colloque aujourd’hui pour d’abord se retrouver dans un combat qui vient de loin et pour faire le point sur les évolutions, les espoirs, les attentes, les décisions que nous attendons. Faire une analyse en cette fin d’année 2017. Et en termes d’évolution, si on les regarde, si on les cherche, voir même des bouleversements. En termes d’analyse je dirais qu’il y a ce qui bouge, il y a malheureusement ce qui ne bouge pas, mais qui en soi provoque ce qui bouge.

D’abord 2017 a été une année un peu tourmentée dans le monde. Que ce soit au Moyen-Orient, on en a la preuve tous les jours, que ce soit en Europe avec des crises qui perdurent, qui ne trouvent pas de solution, et en plus un Brexit. Mais il n’y a pas que là : il y a aussi outre-Atlantique, où ça a bougé en 2017 et même en France. Le paysage s’est modifié en bien et en moins bien. Je ne juge pas mais cela a changé la donne vis-à-vis des autorités qui gouvernent en Iran. On n’en verra divers aspects au cours des différentes interventions de ce colloque. Mais pour ma part je voudrais, puisqu’il faut rester dans les cinq minutes, me limiter et m’attarder sur deux points.

Au titre de ce qui ne change pas, c’est l’attitude répressive des autorités iraniennes vis-à-vis de son peuple qui met ce pays au premier rang du palmarès des exécutions rapportées au nombre de sa population. Cela continue, cela ne change pas, mais peut-être que cela commence à faire modifier les consciences des autres.

Ce qui ne change pas non plus c’est le comportement agressif de l’Iran à visée expansionniste dans la région via les pasdaran et leurs milices supplétives en Irak, en Syrie, ou au Yémen. Et lorsque ce comportement est pointé du doigt et fait poser la question des missiles balistiques et des ingérences de l’Iran dans les pays voisins, ce qui ne change pas ce sont les réponses cinglantes et immuables en retour. Ça, c’est sans changement.

Ainsi lorsque la France demande des négociations sur la question balistique en complément de l’accord sur le nucléaire, elle s’entend répondre publiquement à la télévision d’État par Ali-Akbar Velayati, qui est conseiller du guide pour les affaires internationales, qu’il est évident que la réponse est négative. Il répond que sur ces questions de défense et de programmes balistiques, ils n’ont à demander la permission à personne. Fermez le ban ! Discussion close par avance. Et il ajoute très diplomatiquement : mais en quoi cela regarde-t-il M. Macron et d’ailleurs qui est-il pour s’ingérer dans nos affaires ?

On l’appellera Macron ou tout autre nom dans le monde, cela regarde toujours les démocrates et les amoureux et les défenseurs de la liberté de s’ingérer dans les affaires là où on massacre son peuple, quoi qu’il arrive.

Pour Téhéran ce n’est pas le tir d’un missile sur Riyad en provenance du Yémen qui aggrave les tensions régionales, mais la partialité de la France, voire du monde occidental. C’est de leur faute. Mais il est vrai que le guide suprême qui se présente en véritable artisan de la politique internationale de l’Iran, a souvent répété que le changement d’attitude demandé par les Occidentaux ne peut aboutir qu’à un changement de régime.

Je pense qu’il affirme là sa crainte. Nous aurions préféré que cela soit sa conviction, c’est-à-dire sa contribution à une solution positive, qu’il parte. En effet, la solution c’est un changement de régime. Mais il est toujours là. C’est ce qui ne change pas.

Parlons maintenant de ce qui change.

C’est d’abord cette prise de conscience des autorités françaises que l’Iran n’est pas un partenaire, mais un pays avec lequel la France a noué une relation structurée autour d’un accord sur le nucléaire et qu’il faut compléter par une négociation sur la balistique.

L’Iran n’est pas un partenaire. C’est nouveau. Ce n’est pas encore grand-chose de révolutionnaire, mais c’est nouveau. Cela veut dire peut-être, en effet, être plus attentif sur les relations, y compris commerciales, que nous pouvons avoir avec ce pays. Donc ce qui change, c’est cette prise de conscience d’une part, mais c’est aussi, et c’est pour nous un grand moment, la publication pour la première fois depuis 29 ans d’un rapport des Nations unies évoquant explicitement le massacre de 30 000 prisonniers politiques en 1988, pour la plupart membres des Moudjahidine du peuple à la suite d’une fatwa de Khomeiny.

Comme vous le savez, la rapporteuse spéciale de la situation des droits de l’homme en Iran, Mme Asma Jahangir, a évoqué pour la première fois depuis cette date dans son dernier rapport soumis à la troisième commission la réalité du massacre, les aveux des autorités et le fait qu’il reste une question d’actualité en Iran car les familles des victimes sont toujours à la recherche de la vérité.

Et de ce fait, parce qu’elles cherchent la vérité, elles se trouvent persécutées et arrêtées. Ce refus des autorités de toute enquête à ce sujet ne résiste plus maintenant à la révélation officielle par l’ONU, dans les rapports des commissions spéciales et les déclarations de l’ONU. Donc les autorités ne peuvent plus se cacher devant un mensonge qui commence à être révélé non seulement au sein des instances internationales mais aussi devant l’opinion publique. Les nombreuses conférences, les séminaires, manifestations, les expositions sur ce thème me laissent dire que toute cette longue campagne a été bien efficace pour démasquer auprès de l’ONU et devant l’opinion publique ce que les mollahs ont tenté de cacher pendant presque trois décennies.

Cela crée un tremblement de terre au sein de la propre administration iranienne, car les coupables sont là et désignés nommément, aujourd’hui aux commandes et dans les postes de décision d’Iran. Cette confusion des genres commence à être démasquée. C’est un grand changement et c’est aujourd’hui au sein de l’ONU que cette question est approfondie, parce que notre objectif c’est d’aboutir à la constitution d’une commission d’enquête indépendante sur ce crime contre l’humanité et de faire comparaître les auteurs et les commanditaires toujours au pouvoir en Iran devant une juridiction internationale.

Ce qui change encore,

c’est le corps des gardiens de la révolution islamique, les pasdaran. Il vient d’être désigné comme organisation terroriste par le gouvernement américain. Ils sont maintenant considérés comme une entité terroriste pour le département du trésor américain, inscrit sur la liste Specially designated global terrorist, et vu que les pasdaran contrôlent la majeure partie de l’économie iranienne, cela signifie que les entreprises européennes, en l’occurrence françaises, qui négocient avec l’Iran, risquent d’être dorénavant sérieusement sanctionnées par les États-Unis.

Chère Maryam, juste retour des choses, alors que pendant plus de 15 ans c’est l’OMPI et le CNRI qui ont été injustement placés à la demande du régime iranien et en signe de bonne volonté vis-à-vis des modérés du pouvoir en place, sur la liste noire du département d’État américain et en Europe. Nous avons suivi et connu la décision du juge Trévidic, par ailleurs qui a enfin reconnu le statut de résistant à votre mouvement, puisque il n’était plus considéré comme terroriste. Maintenant le terme terroriste et dans l’autre camp. C’est un grand changement. C’est un très grand changement. Faudra-t-il encore en tirer toutes les conséquences et peut-être que l’Europe à son tour se mette dans cette conception des choses.

Voilà les aspects que je voulais mettre en contribution à l’occasion de ce colloque, parmi tous ceux qui seront développés et en conclusion je reprends à mon compte la prédiction du guide suprême, comme quoi le changement dans la région est intimement lié à un changement de régime en Iran.

Nous sommes là pour cela. Lui craint que s’ouvrir à l’Occident et être démocrate change le régime et nous disons, pour être démocrate, libre, enfin heureux dans son pays pour la démocratie pour la liberté et le bonheur des peuples, en effet il a raison le guide, il faut changer le régime.

Et nous sommes là avec vous Maryam pour vous le dire et vous accompagner. »

 

 

 

 

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