mercredi, mai 22, 2024
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L’Iran, confronté à l’anxiété de la population et à la crise budgétaire, renforce la censure à la suite de l’attaque israélienne

L'Iran, confronté à l'anxiété de la population et à la crise budgétaire, renforce la censure à la suite de l'attaque israélienne

Au lendemain d’une attaque sans précédent du régime théoratique sur le territoire israélien, le marché des changes iranien se trouve plongé dans un chaos sans précédent. L’assaut, lancé dans la nuit de samedi à dimanche, a provoqué une onde de choc dans les couloirs financiers, le prix du dollar passant de 67 000 à 70 000 tomans iraniens, plongeant le marché dans un état d’insécurité.

Alors que les tensions se répercutent dans tout le pays, la censure des médias se resserre, étouffant le flux d’informations et exacerbant l’anxiété de la population. Parallèlement, des scènes de chaos se déroulent dans les stations-service du pays, où de longues files d’attente serpentent dans les rues, reflétant l’appréhension généralisée qui s’empare de la population.

Les rapports provenant de l’intérieur de l’Iran dépeignent une pression croissante sur les échanges de devises, certains courtiers étant menacés d’arrestation et de fermeture. Dans le même temps, la crypto-monnaie Tether, reflétant la valeur du dollar, a atteint des sommets hallucinants, franchissant la barre des 72 800 toman iraniens dans la nuit de samedi à dimanche.

Des mesures de sécurité renforcées ont été prises dans les rues, les forces de sécurité intervenant auprès des cambistes, perturbant leurs activités quotidiennes. Des opérations d’infiltration ont révélé l’existence d’un monde clandestin de cambistes, manipulant les prix pour donner une illusion de stabilité au coeur de la tourmente.

Fait remarquable, les agences de presse et les médias proches du gouvernement Raïssi ont orchestré un récit synchronisé, annonçant une baisse des taux de change comme un triomphe de la réponse gouvernementale à l’attaque.

L’agence de presse officielle IRNA a fait état d’un changement rapide dans le paysage du marché : « Au début des transactions sur les marchés des rues Ferdowsi et Manouchehri, le prix de vente du dollar a grimpé jusqu’à 70 000 tomans iraniens à 11 heures.

Les échos de ce sentiment se sont répercutés dans des médias comme Mehr News Agency, qui a reconnu la récente flambée des prix du dollar, la confirmant à 68 600 tomans iraniens sur le marché libre.

L’agence de presse Tasnim, alignée sur les Gardiens de la révolution (pasdaran), a renforcé ce discours en affirmant qu’il s’agissait d’une « baisse inattendue du marché des devises à la suite de la réponse résolue de l’Iran à Israël. »

Malgré l’écart entre les chiffres réels du marché et les déclarations officielles, les médias d’État continuent de s’appuyer uniquement sur des données sanctionnées, ce qui ne fait qu’obscurcir davantage la situation réelle.

La flambée tumultueuse des taux de change a commencé le dimanche 14 avril, alors que les tensions allaient crescendo à la suite de l’attaque. Le Bitcoin, baromètre du sentiment du marché, a perdu plus de 8 % de sa valeur, passant sous la barre des 62 000 dollars.

Alors que les citoyens sont aux prises avec les retombées de l’attentat, des scènes d’achats de panique se déroulent à Téhéran, avec de longues files d’attente devant les supermarchés, les ménages se précipitant pour s’approvisionner en produits de première nécessité. En réaction, certains supermarchés ont prolongé leurs heures d’ouverture jusqu’aux premières heures du matin.

Dans le même temps, les stations-service sont devenues des foyers d’anxiété, avec de longues files d’attente dans les rues, ce qui a incité l’État à intervenir pour gérer la situation. Reuters a documenté des scènes similaires, avec des files d’attente s’étirant devant des stations-service à Karaj, soulignant l’impact généralisé de la crise en cours.

Cependant, au milieu du chaos, des rapports faisant état d’une censure accrue et d’une répression des médias soulignent une vision plus large du contrôle gouvernemental face à l’adversité. Le 14 avril, le site web officiel Fararu a rapporté que « suite à la publication de documents visant à perturber la sécurité mentale de la société et à déstabiliser l’environnement économique du pays après l’opération réussie et fière des forces armées du pays contre le régime sioniste la nuit dernière, le bureau du procureur de Téhéran a inculpé le journal Jahan-e Sanat et un journaliste économique pour des crimes ».