samedi, novembre 26, 2022
AccueilActualitésActualités: AchrafCongrès américain: audition majeure sur le massacre du camp d'Achraf et la...

Congrès américain: audition majeure sur le massacre du camp d’Achraf et la responsabilité des USA, appel au retrait de la liste noire

PR Newswire, Washington, 12 juillet 2011 – Le 7 juillet 2011, une importante audition intitulée « massacre dans le camp d’Achraf: implication de la politique américaine », a été organisée par la sous-commission du Surveillance et des Enquêtes de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants américaine.

Ont notamment témoigné: Neda Zanjanpour, une rescapée du massacre du camp d’Achraf, Michael Mukasey, ancien ministre américain de la Justice; le Dr. colonel Gary Morsch, responsable de la liaison médical entre le camp d’Achraf l’armée américaine, le colonel Wes Martin (à la retraite), ancien commandant du camp d’Achraf; et Ray Takeyh, du Conseil des Relations étrangères (Council of Foreign Relations).

L’audition était présidée par le représentant Dana Rohrabacher (Républicain-CA). Des membres de la commission participaient à l’audition comme Russ Carnahan (Démorcrate -MO), des membres de la sous-commission comme Ted Poe (Républicain -TX) et David Rivera (Républicain -FL) et des représentants du congrès : Bob Filner (Démocrate -CA), Co-président du Iran Human Rights and Democracy Caucus, Brad Sherman (Démocrate -CA), et Sheila Jackson Lee (Démocrate-TX).

Les représentants du Comité américain pour la défense des résidents du camp d’Achraf  (USCCAR) et des proches des résidents assistaient également à l’audition.

Une brève vidéo a été projetée sur le massacre du 8 avril à Achraf commis sur les ordres directs du premier ministre Nouri al-Maliki. Une vidéo conférence a ensuite été organisée avec Achraf dans laquelle Mme Zanjanpour a répondu depuis la clinique aux questions des membres du Congrès. Citoyenne canadienne, étudiante à York University, Mme Zanjanpour s’est rendue à Achraf en 1999 à l’âge de 20 ans. Elle a assuré avoir été blessée « lorsqu’un soldat irakien a lancé une grenade vers moi, qui m’a explosé entre les jambes ». « Une journée avant l’attaque, l’ambassadeur américain à Bagdad nous avait informé que les forces irakiennes allait lancer une opération. En dépit de nos exhortations au commandant des forces américaines de rester – elles étaient à Achraf depuis le 3 avril – son unité a reçu l’ordre de quitter le camp à 21:20 le 7 avril. Cela nous a laissé totalement sans défense devant l’assaut massif des forces irakiennes. »  

Elle a déclaré que les propos de l’ambassadeur américain en Irak James Jeffrey comme quoi l’OMPI devait être déplacée à l’intérieur de l’Irak équivalait à « demander aux Achrafiens de céder aux demandes du régime iranien (…) Nous ne nous plierons jamais aux demandes du régime iranien en partant dans un camp de concentration en Irak où nous serons massacrés loin des yeux du monde. »

Dans ses observations liminaires, le représentant Rohrabacher a déclaré: « Pourquoi l’unité américaine déployée à Achraf a-t-elle reçu l’ordre de partir juste quelques heures avant l’attaque? Nous aurions voulu pouvoir poser ces questions à un représentant du département d’État, mais on nous a dit qu’il n’y avait personne pour venir répondre aujourd’hui à cette audition. Ce silence ne peut durer qu’un temps, avant de devenir une dissimulation. (…) La complaisance américaine face à ce crime n’est qu’une partie du récit. »

Il a souligné que le maintien de l’OMPI sur la liste noire « est utilisé pour justifier des actions comme l’attaque d’avril ». « La Grande-Bretagne et l’Union européenne ont retiré l’OMPI de leur liste terroriste. Nous devrions jouer le jeu et retirer aussi l’OMPI de la liste terroriste avant que cela ne débouche sur un autre massacre », a insisté Rohrabacher.

« Au cours de notre visite en Irak le mois dernier, nous avons rencontré un grand nombre de personnes concernant la tuerie du 8 avril au camp d’Achraf. Sans étonnement, nous avons entendu beaucoup de récits différents et contradictoires. Cependant, ce qui n’est pas remis en cause c’est que plus de 30 résidents du camp d’Achraf ont été tués par les forces de sécurité irakiennes et plus de 300 blessés. Cette tuerie a été largement condamnée, et je m’y associe (…) Une enquête complète, équitable et indépendante permettra de déterminer au final ce qui s’est passé et permettra de traduire en justice les personnes reconnues coupables afin de prévenir de futures attaques », a déclaré le membre de la sous-commission Russ Carnahan.

Le Congressman Ted Poe a affirmé que « l’administration (américaine) n’a jusqu’à présent rien fait pour obliger l’Irak à rendre des comptes pour cette attaque ». Il a ajouté qu’il s’opposait également à la proposition de déplacer les résidents d’Achraf en Irak. Concernant la désignation de l’OMPI, le Congressman Poe a déclaré: « j’ai vu les documents classifiés et ce n’est pas convaincant. Le département d’État n’a pas pu établir que l’OMPI devait rester sur la liste des organisations terroristes étrangères. L’OMPI ne doit pas être utilisée comme un moyen politique pour plaire aux tyrans brutaux. »

Le Congressman Filner a déclaré que « l’OMPI et ses dirigeants mettent en avant la seule politique légitime qui soit la meilleure pour les Américains. Ils proposent une troisième voie. Cela veut dire que nous n’envahissons pas l’Iran, mais nous ne devons pas être complaisants face aux mollahs en place. Nous nous écartons et laissons la résistance faire ce qu’elle peut et ce qu’elle doit faire. L’inscription de l’OMPI dans la liste des organisations terroristes est un obstacle, alors nous devons les retirer de la liste. »

« Après que toutes nos richesses en argent aient été déversées et nos hommes et femmes soient morts et blessés là-bas, souhaitons-nous que les Iraniens prennent le dessus? C’est toutefois probable. Achraf et le symbole de ce que nous avons besoin d’empêcher. Après toute cette intervention en Irak depuis une décennie, les Iraniens font leur entrée. L’OMPI et en faveur d’un gouvernement dénucléarisés, démocratique et laïque. Je crois que nous pouvons tous nous accorder là-dessus », a ajouté le représentant démocrate.
 
La représentante Jackson Lee a déclaré dans son intervention: « En aucune façon nous ne devons tolérer cette terrible attaque contre les résidents du camp d’Achraf. Quelle que soit l’amitié ou l’histoire qui existent pour la restauration de l’Irak, cela ne doit pas être toléré. L’ambassadeur d’Irak peut m’entendre, il doit venir au congrès. Il doit au des excuses au Congrès (…) Il doit des excuses aux gens d’Achraf, au peuple d’Irak qui va également souffrir (…) Et il doit des excuses et des explications à la communauté des nations et particulièrement aux États-Unis, pour tout le trésor que nous avons perdu en essayant d’établir la démocratie là-bas », a conclu la démocrate du Texas.

Dans son témoignage, l’ancien ministre de la justice Michael Mukasey a souligné les démarches que devaient entreprendre la sous-commission pour remédier à la « terrible situation » au camp d’Achraf. Il a déclaré: « La commission devrait tout d’abord demander des explications au département d’État à propos de la politique présente et future vis-à-vis d’Achraf et s’opposer à leur déplacement à l’intérieur de l’Irak; elle devrait s’assurer qu’une force de l’ONU protégera les résidents d’Achraf jusqu’à leur réimplantation. » Il a également soulevé la question du retrait d’une unité américaine avant l’attaque et a appelé à une enquête de la commission à ce propos et sur l’absence d’aide médicale appropriée après l’attaque.

Troisièmement, a-t-il dit, « la commission devrait demander une réponse au département d’État concernant le réexamen de la désignation de l’OMPI conformément au jugement de la cour d’appel des États-Unis en juillet 2010. Quatrièmement, la commission devrait examiner ce que le département d’État a fait pour faire appliquer le Leahy Amendment qui interdit toute assistance des États-Unis aux unités militaires reconnues responsables de violations des droits de l’homme. »

Le Colonel Wes Martin (à la retraite), ancien commandant de la base du camp d’Achraf, a déclaré: « La terreur et les tourments infligés à l’OMPI et au camp d’Achraf doivent cesser. Je sais par expérience que l’OMPI n’est pas une organisation terroriste. Ma recommandation dans ce domaine c’est de radier immédiatement des Moudjahidine du Peuple de la liste terroriste du département d’État. »

«  Ils ont besoin de la protection des forces militaires américaines », a-t-il ajouté, tout en rejetant fermement la proposition de l’ambassade des États-Unis à Bagdad de déplacer les résidents d’Achraf à l’intérieur de l’Irak. Le colonel Martin a également discrédité les allégations du régime iranien selon lesquelles les résidents d’Achraf sont retenus contre leur gré. « Une rumeur constante qui vaut la peine d’être traitée, voudrait que les membres de l’OMPI soient retenus contre leur gré. J’ai été en mesure de m’assurer, à des occasions précises, que toute personne souhaitant partir pouvait le faire », a ajouté le colonel Martin.

Le troisième témoin, le Dr. Gary Morsch, qui a servi en tant que chirurgien de bataillon au camp d’Achraf, a déclaré: « Aucune preuve n’a pu étayer une quelconque activité terroriste, action déloyale à la mission de l’armée américaine en Irak, activité illégale, de contrainte des membres de l’OMPI, d’armes dissimulées, ou de tout autre preuve comme quoi l’OMPI n’aurait pas tenu ses engagements d’une complète coopération avec l’armée américaine. »

Il a affirmé que les résidents d’Achraf étaient bien instruits et « sont venus à titre volontaire pour contribuer avec l’OMPI à l’instauration d’un Iran libre et démocratique et qu’il travaillait maintenant avec les USA pour promouvoir la démocratie en Irak. »

En référence au siège du camp d’Achraf, il a assuré que les résidents étaient privés d’un minimum de sécurité et d’autres nécessités. «C’est avec grande tristesse que je suis aujourd’hui témoin de ce que les résidents d’Achraf sont abandonnés par le même gouvernement qui m’a demandé de risquer ma vie pour les défendre. » Il a insisté sur le fait que le déplacement des résidents sur le sol irakien est « à mes yeux, une recette pour un désastre ».

Takey a pour sa part souligné: « Il serait erroné et immoral de rapatrier de force les résidents du camp en Iran. Considérant le fait que la République islamique est dépourvue des rudiments mêmes d’un système judiciaire impartial, ils seront sans aucun doute confrontés à une mort certaine. Néanmoins, la communauté internationale, sous les hospices des Nations-Unies devrait commencer à chercher une nouvelle patrie pour le personnel de l’OMPI. »

Le président de la Sous-commission, Dana Rohrabacher a déclaré pour clôturer la séance: « Il y aura une liste de questions présentées au Département d’Etat concernant le massacre du camp d’Achraf, incluant le fait de savoir qui savait quoi et qui a donné l’ordre aux militaires de quitter les lieux, etc. Et nous, nous attendons des réponses. Si nous ne recevons pas de réponse, je procéderai à des démarches pour m’assurer d’avoir une audition de suivi jusqu’à ce que des réponses soient apportées à ces questions. »

« Assurons-nous que plus jamais ces gens (les résidents d’Achraf), qui sont les amis de la liberté, ne seront assassinés par le régime des mollahs à Téhéran ou par leurs laquais qui contrôlent actuellement le gouvernement de l’Irak », a-t-il ajouté.

Le camp d’Achraf abrite 3400 membres de la principale opposition iranienne, l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), y compris un millier de femmes.

SOURCE U.S. Committee for Camp Ashraf Residents (USCCAR)

http://www.reuters.com/article/2011/07/12/idUS190098+12-Jul-2011+PRN20110712

 

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe