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Bahreïn démantèle un groupe radical clandestin, accuse l’Iran

AFP, 13 juin – Les autorités de Bahreïn ont annoncé jeudi avoir arrêté les chefs d’un groupe radical clandestin animant les manifestations violentes de l’opposition chiite dans le royaume, accusant l’organisation d’être à la solde de l’Iran.

Dans un communiqué, le ministère de l’Intérieur a accusé le Collectif du 14 février d’être responsable d’une série d’actes de violence ayant secoué le royaume dirigé par une monarchie sunnite, théâtre de troubles depuis la répression d’un mouvement de contestation déclenché en février 2011.

Ce développement intervient sur fond de tension confessionnelle au Moyen-Orient, attisée par le conflit syrien, et d’une détérioration des relations entre les monarchies sunnites du Golfe et l’Iran qu’elles soupçonnent d’alimenter la tension au sein de leurs communautés chiites.

Le ministère de l’Intérieur a affirmé que le chef spirituel du Collectif du 14 février, un groupe qui organise la contestation sur les réseaux sociaux, était un religieux chiite irakien, sayed Hadi Modarresi, résidant actuellement à Kerbala (Irak) et qui a longtemps vécu à Bahreïn.

« A la suite d’une série de crimes commis au cours des derniers mois, plusieurs membres de l’organisation terroriste du 14 février (…) impliqués dans ces actes terroristes ont été arrêtés », a annoncé le communiqué du ministère.

Le collectif du 14 février a joué un rôle de premier plan dans la contestation contre la monarchie sunnite des Al Khalifa depuis le soulèvement du 14 février 2011 maté un mois plus tard, et continue d’organiser les manifestations les plus violentes contre le pouvoir, notamment dans les villages chiites entourant la capitale Manama.

Le communiqué cite les noms de 11 chefs de l’organisation arrêtés à Bahreïn et indique qu’un grand nombre d’autres responsables du groupe, dont 13 cadres vivant à l’étranger, sont recherchés.

Selon le ministère, « plusieurs chefs de l’organisation sont basés à Londres et se déplacent fréquemment entre l’Iran, l’Irak et le Liban pour obtenir un soutien financier et moral ainsi qu’un entraînement militaire ».

Ils ont reçu notamment de l’Iran « un soutien financier direct et des instructions », selon le communiqué.

Parmi les chefs de l’organisation à l’étranger figure Saeed al-Chihabi, un dirigeant de l’opposition radicale chiite condamné par contumace à la prison à perpétuité pour son rôle dans le soulèvement de 2011.

Le communiqué affirme que « les aveux » des personnes arrêtées « prouvent l’ingérence du Hezbollah et d’extrémistes en Irak dans les affaires intérieures de Bahreïn ».

« La violence est l’approche de cette organisation », accuse le ministère, qui énumère plusieurs actes violents attribués au groupe, dont l’un a fait un mort le 16 avril 2012, ainsi qu’un projet d’attaque contre une cible américaine à Bahreïn, l’ « US Service Center », à Juffair, près de Manama.

Bahreïn, situé stratégiquement dans le Golfe face à l’Iran, abrite le quartier général de la Ve flotte américaine.

Ce petit royaume, la seule monarchie du Golfe où la majorité de la population autochtone est chiite, avait interdit fin mai aux mouvements politiques d’avoir des contacts avec le Hezbollah chiite libanais.

 

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