lundi, décembre 5, 2022
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« Une procédure qui sent le pétrole » – Me Mario Stasi

Me Mario StasiCNRI – « cette poursuite de la procédure est mise en avant effectivement par les autorités iraniennes pour justifier leur résistance à la radiation de la liste de l’OMPI. Elles se servent de cette arme, afin d’obtenir des autorités irakiennes la fermeture d’Achraf et l’expulsion de 4000-3500 personnes qui s’y trouvent réfugiées, bénéficiant de la convention de Genève », a dit Me Mario Stasi.

Il s’exprimait le 4 mars lors d’une conférence à Paris intitulée « Justice pour la Résistance iranienne », qui rassemblait juristes de renom et personnalités politiques venus examiner les moyens de mettre un terme à l’information judiciaire ouverte le 17 juin 2003 contre des opposants iraniens. Trois avis juridiques remarquables du Pr. Cassese, du Pr. Labayle et du Pr. Bouloc ont été présentés. L’invitée d’honneur était Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne.

Voici des extraits de son intervention :

C’est un honneur certes, mais une responsabilité pour chacun d’entre nous, de nous exprimer à propos de ce dossier qui nous préoccupe, qui est celui de l’honneur et de la vie d’un certain nombre de personnes.

Personnellement, si nous sommes ici dans le confort de cette salle à débattre des suites données à une procédure, je ne peux pas oublier ceux qui en Iran souffrent d’un régime qui cherche à s’appuyer sur toute sorte de mensonges, de violences et d’iniquités et ceux qui à Achraf, car je pense toujours à Achraf, attendent de savoir quel sera leur sort.

N’importe quoi est fait pour justifier la conduite d’une procédure qui, si j’étais trivial et ailleurs, je dirai que c’est une procédure qui sent le pétrole. Est-ce la justice qui est en marche, ou bien ce sont des intérêts autres qui sont en jeu ?

Ce qui compte, c’est que cette poursuite de la procédure est mise en avant effectivement par les autorités iraniennes pour justifier leur résistance à la radiation de la liste de l’OMPI. Elles se servent de cette arme, afin d’obtenir des autorités irakiennes la fermeture d’Achraf et l’expulsion de 4000-3500 personnes qui s’y trouvent réfugiées, bénéficiant de la convention de Genève, et jusqu’à présent sous la responsabilité des autorités américaines, mais qui ont confié la responsabilité du camp aux autorités irakiennes.

Voilà que s’instaure ce dialogue entre l’Iran et l’Irak avec comme enjeu 4000 personnes en danger. Est-ce que c’est un crime de guerre ou un crime contre l’humanité qui se prépare, je ne sais pas. Nous pouvons en débattre dans des réunions scientifiques en disant c’est telle qualification ou telle autre.

Qu’est-ce que c’est ? C’est la vie c’est la santé, c’est l’honneur, c’est l’intégrité physique de ces personnes qui sont en danger. Ne rien faire, laisser faire, et là je m’adresse à toutes les autorités concernées, ce n’est peut-être pas être auteur du crime qui se prépare, c’est à tout le moins en être complice. J’aime à citer une phrase de Charles Péguy, qui disait que « complice c’est pire qu’auteur, car ça n’empêche pas le crime et il y a la lâcheté par-dessus. La lâcheté et l’indifférence »

Alors nous sommes ici pour dire nos protestations, pour dire nos combats pour réveiller l’indifférence, si nous pouvions simplement écarter un peu la lâcheté, pour faire rentrer de l’humanité, nous n’aurions pas perdu notre temps.

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