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IRAN : Répression intérieure, bellicisme extérieur

Réunion au parlement français et soutien à un changement démocratique en Iran

Colloque à l’Assemblée nationale, le 30 janvier 2024
du Comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID)

Le mardi 30 janvier, à l’invitation du Comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID), la présidente élue de la Résistance iranienne Maryam Radjavi s’est présentée à l’Assemblée nationale ; pour un discours devant les députés et des personnalités politiques présentes au cours d’un colloque intitulé « IRAN : Répression intérieure, bellicisme extérieur ».

IRAN : Répression intérieure, bellicisme extérieur

Tout en remerciant les membres du CPID, qui « représentaient les valeurs de la France au sein de ce comité », Maryam Radjavi a brièvement décrit la situation au Moyen-Orient.

Tout en remerciant les membres du CPID, qui « représentaient les valeurs de la France au sein de ce comité », Maryam Radjavi a brièvement décrit la situation au Moyen-Orient.

« Selon les mollahs, le nouveau Moyen-Orient est une région en flammes. Cela fait quatre mois, que les groupes proxy du régime tirent des missiles sur divers pays et ont pris en otage la navigation dans un passage maritime international majeur. Le 16 janvier, les pasdarans sont directement entrés en scène en tirant des missiles sur l’Irak, la Syrie et le Pakistan. Auparavant, (le guide suprême du régime Ali) Khamenei avait multiplié par trois l’enrichissement d’uranium à 60%. Le régime iranien fournit aussi des drones pour tuer la population en Ukraine. »

« C’est une illusion d’attendre de ceux qui allument le feu, aident à l’éteindre, voire à le contenir. Cela va seulement encourager Téhéran à intensifier le chaos dans la région, » a ajouté Mme Radjavi.

« La crise du renversement est la raison majeure qui a poussé Khamenei à s’engager dans la guerre au Moyen-Orient. Il veut exporter la crise à l’étranger. Mais le soulèvement et la Résistance iranienne ne vont laisser aucune chance à ce régime. La société iranienne reste un baril de poudre. On peut le voir, dans les 3000 opérations menées l’an dernier contre le mur de répression par les unités de résistance à travers l’Iran.

En Iran, les exécutions politiques et les condamnations de prisonniers politiques à de longues peines, en particulier les sympathisants de l’Organisation des Moudjahidine du peuple (OMPI), ont pris de nouvelles dimensions.

La situation actuelle au Moyen-Orient montre clairement qu’il ne faut pas perdre de temps pour résister à ce régime. »

Madame Radjavi a en outre proposé d’inscrire les Gardiens de la Révolution sur la liste des entités terroristes, placer le régime iranien sous le Chapitre 7 de la Charte des Nations Unies, qui concerne les régimes qui menacent la paix dans le monde, et reconnaître la lutte du peuple iranien pour renverser le fascisme religieux

Cecile Rilhac, député du Val d’Oise et présidente du CPID, a décrit le bilan d’activités du comité, en présentant la copie de la déclaration de soutien des députés français au soulèvement du peuple iranien et à sa résistance et au programme en 10 points de Mme Radjavi pour le futur Iran au président élu de la résistance, notant que ladite déclaration était soutenue par 295 représentants, soit la majorité absolue du parlement, dont 5 chefs de groupes parlementaires et 3 chefs de partis.

« Je voudrais, à l’occasion de cette réunion, proposer une nouvelle déclaration, » a affirmé la députée.

« Ce texte prend en considération les développements importants dans la région du Proche et Moyen-Orient ainsi qu’à l’intérieur de l’Iran. Son titre résume le sens profond de ce que nous pensons. « Répression à l’intérieur et bellicisme à l’extérieur. »

Réunion au parlement français et soutien à un changement démocratique en Iran

M. André Chassaigne, président du groupe GDR et vice-président du CPID, a exacerbé dans son discours le droit à la résistance face à la tyrannie : « Les Iraniens ont le droit de manifester. Ils ont droit à la liberté d’expression. Ils ont droit à la liberté de réunion. Et si on leur refuse, ils ont alors le droit à la révolte et à la résistance. Déjà en 1789, dans notre pays, la France, s’était reconnue comme un droit par la Déclaration des droits de l’homme et des citoyens qui a aujourd’hui une valeur constitutionnelle. »

« Les unités de résistance de l’OMPI en Iran ne font qu’incarner ce droit que nos ancêtres ont reconnu il y a 2 siècles et que nos parents ont exercé face à l’occupation et les atrocités nazies. Les engagements de nos ancêtres nous obligent, parce que nous sommes tributaires de leurs sacrifices, comme nous sommes aujourd’hui parties prenantes de la Résistance iranienne, » a-t-il conclu.

Philippe Gosselin, député républicain de la Manche, également vice-président du CPID est resté sur le fil de la résistance : « Nous, peuple français, sommes aux côtés du peuple d’Iran, du peuple iranien qui est en lutte. Ce peuple frère que nous devons soutenir, qui forme, et vous me permettrez de paraphraser un peu la Marseillaise, cette marche française de la Révolution et qui est notre hymne national, nous devons soutenir ce peuple qui forme ses bataillons afin de marcher vers la liberté. Et j’emprunte évidemment à notre histoire un épisode plus récent qui est celui du 18 juin 1940. Nous sommes à vos côtés parce qu’avec vous, avec le peuple iranien, la flamme de la résistance ne doit jamais s’éteindre. »

Hervé Saulignac, député socialiste d’Ardèche, vice-président du CPID est revenu au soulèvement continu du peuple iranien : «Il ne fait aucun doute que le peuple iranien réprouve plus que jamais le régime théocratique qui dirige le pays depuis plus de 40 ans.

Les manifestations ont été la traduction d’une exaspération et d’une colère qui couvait depuis de nombreuses années et à la suite desquelles le régime a fait usage d’une violence sans limite pour réprimer ce soulèvement. » Mais il a exclu toute solution spontanée de l’intérieur du régime vers un changement : « Nous croyons qu’anticiper l’effondrement de ce régime par un hypothétique affaiblissement de l’intérieur serait une grave erreur. L’unique option continue de reposer sur le peuple et sur sa détermination à se libérer de ses oppresseurs, des milliers d’unités de résistance œuvrent dans ce sens, et c’est à elles que s’adressent nos propos ce soir. »

Le député LIOT de la Mayenne Yannick Favennec, vice-président du CPID a rappelé le bilan horrible des mollahs en matière des droits humains :« Selon un rapport de l’ONU, au moins 582 personnes dont 16 femmes, ont été exécutées en République islamique d’Iran en 2022. Et en 2023, l’exécution s’élève à 864, dont 26 femmes et 8 jeunes de moins de 18 ans, des enfants, au moment des faits présumés. Malheureusement, en raison d’exécutions secrètes, ce nombre est probablement bien plus élevé.»

Le député républicain du Bas Rhin Patrick Hetzel a fait allusion à la sensibilité qui existe chez les législateurs français en ce qui concerne la question iranienne : «Désormais, ici, à l’Assemblée nationale, nous sommes plus de la moitié des députés à être mobilisés en faveur de la Résistance iranienne. Et cela est aussi quelque chose de symboliquement extrêmement fort. C’est aussi l’occasion de dire que la représentation nationale française est désormais très majoritairement en soutien à la Résistance iranienne. Comme le rappelait Cécile Rilhac, c’est aussi le symbole du peuple français qui soutient évidemment ce peuple iranien aujourd’hui en souffrance. »

Dans son discours, Jean-Pierre Brard, député-maire honoraire de Montreuil qui était parmi les premiers fondateurs du CPID il y a plus de 15 ans, s’est adressé à Maryam Radjavi : «En vous regardant, je pensais à Philippe Seguin, qui a été notre président ici de longues années et qui a changé un certain nombre de choses dans le fonctionnement de l’Assemblée nationale. Et en particulier, c’est grâce à lui, si maintenant l’Assemblée accueille des chefs d’État étrangers qui ont le droit, le privilège, de s’exprimer à la tribune de l’Assemblée nationale. Et en vous regardant tout à l’heure, je me disais mais un jour, ce n’est pas de la salle Victor Hugo qu’elle parlera, mais de la tribune de l’Assemblée nationale pour porter la voix du peuple iranien. »

Aux côtés des députés, des invités de renoms ont présenté certaines observations internationales. Guy Verhofstadt, ancien Premier Ministre de la Belgique a affirmé : « l’Occident et surtout l’Union européenne et M. Borrell ont intérêt de développer une stratégie qui est basée sur cinq piliers. Le premier pilier, c’est en finir avec ce qui est en train de se passer pour le moment, ce qui s’est passé chez nous en Belgique, mais qui va se répéter dans presque tous les pays de l’Europe, c’est ce chantage avec les otages que le régime des mollahs est en train de disperser partout dans nos pays. Moi, je prends une réplique assez évidente. Si on ne libère pas tous les otages des pays occidentaux, pour le moment des pays de l’Europe, mais aussi des otages américains, pourquoi on doit continuer à laisser ouvert les ambassades du régime des mollahs et avoir des diplomates qui se promènent dans nos capitales ? Ce serait, je crois, une bonne décision, une première décision, un changement de notre stratégie de dire, autant que les otages ne sont pas libérés, il n’y a pas de place pour des diplomates du régime des mollahs dans nos capitales et dans nos pays. »

Pour Ingrid Betancourt, sénatrice et candidate à la présidentielle de Colombie, un aspect unique des activités de la Résistance iranienne mérite d’être connu : « J’ai eu la chance depuis de nombreuses années d’accompagner l’OMPI sur beaucoup de scènes, partout en Europe. L’OMPI a des antennes en Suède, mais aussi au Danemark, mais aussi aux Pays-Bas, mais aussi en Belgique, évidemment, en France, évidemment, mais en Angleterre, en Espagne, partout. Cette organisation est une organisation de personnes qui, comme vous et moi, sommes le fruit de nos convictions et de nos principes.

Si nous sommes ici, alors que nous pourrions être chez nous, c’est parce que nous pensons que le fait d’être là dit quelque chose de nous-mêmes, que nos actions nous définissent. Eh bien, toutes les personnes que j’ai rencontrées depuis, je dirais, plus de 12 ans maintenant sont des personnes toujours motivées, comme moi, par ces principes et ces valeurs qui, pour nous, sont tellement importantes et qui définissent notre statut de démocrate. Moi, je crois qu’il y a une division dans le monde entre ceux qui sont démocrates et qui veulent que nous ayons tous une justice et que nous soyons tous sous le couvert et la protection de la loi, et puis ceux qui sont des criminels, qui veulent des dictatures et qui veulent imposer de façon violente leur pouvoir. Je crois que le monde se divise là. L’idéologie n’est pas vraiment quelque chose qui nous divise. Alors dans cette année qui commence, puisque nous sommes encore au moment de partager nos vœux, je crois que le meilleur vœu que nous pourrons partager entre nous, c’est celui de penser que 2024 va être l’année de la chute du régime iranien. Ce serait un très beau cadeau, pas seulement pour les Iraniens, pas seulement pour les Iraniens, pour chacun de nous. »

L’ancien maire du premier arrondissement de Paris Jean-François Legaret a clôturé le colloque : « l’Iran des mollahs passe à une répression qui s’aggrave de jour en jour contre la seule alternative qui existe, le Conseil national de la résistance et l’OMPI. Les mollahs ont raison d’avoir peur. Avec le programme en 10 points pour l’Iran de demain, le CNRI présente en tout point de comparaison la seule alternative démocratique et l’assurance de faire enfin aboutir en Iran un régime de liberté. Liberté des femmes, liberté des hommes, liberté des cultes, abolition de la peine capitale, séparation de la religion et de l’État. Voilà l’alternative politique. Voilà la raison pour laquelle ce combat en vaut la peine. »