mardi, décembre 6, 2022
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Histoires inédites sur les victimes du massacre de 1988 en Iran

Par Shamsi Saadati

Dans les années 80, le régime des mollahs a procédé à de nombreuses exécutions et tortures contre les groupes d’opposition, en particulier les membres de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI / MEK) à travers le pays.

L’un des crimes les plus hideux du régime a été le massacre de 1988, au cours duquel plus de 30 000 prisonniers politiques ont été exécutés en trois mois.

Pour justifier son crime et diffamer l’OMPI, le régime a exécuté certaines personnes sous prétexte qu’ils étaient des trafiquants de drogue. Le régime des mollahs entendait cacher l’identité politique de ces héros qui ont sacrifié leur vie pour la liberté et la démocratie dans leur pays bien-aimé.

Néanmoins, contrairement à l’intention du régime, après le massacre de 1988, de nombreuses personnes à travers le pays sont devenues des partisans de l’OMPI et se sont rendu compte de la véritable nature du régime.

QUI SONT LES AYYARAN
Sorkh Hesar, une ville située entre Téhéran et Karaj, était l’une des villes où les membres de l’ompi ont été pendus en public. Safi Gholi Ashrafi était un chef religieux de la minorité religieuse Ahl-e Hagh à Sorkh Hesar.

Il a organisé un groupe nommé Ayyaran. Ils étaient membres et sympathisants de l’OMPI. Safi Gholi était très actif à Sorkh Hesar et de nombreuses personnes de la ville ont été inspirées par ses valeurs humanistes et religieuses. Entre-temps, de nombreux habitants de la ville sont devenus des partisans de l’OMPI.

En 1981, Safi Gholi ainsi que tous les membres d’Ayyaran, environ 80 à Sorkh Hesar, ont été arrêtés par le régime.

Fin janvier 1989, pendant trois jours le régime, en utilisant des camions avec un haut-parleur, ont annoncé qu’ils vont exécuter un «gang dangereux de trafiquants de drogue» dans les prochains jours.

Plus tard, le 28 janvier 1989, le régime a annoncé que deux trafiquants de drogue seraient pendus en public. Mais avant l’exécution, les agents des services de renseignement ont annoncé qu’ils allaient être pendus pour avoir «agit contre la sécurité nationale».

Le même jour, des gardiens de la révolution lourdement armés, des policiers et des agents du renseignement ont pris position et installé des mitrailleuses sur les toits en direction du terrain de football de Sorkh Hesar. De nombreux autres agents en civil ont été envoyés sur les lieux.

Les deux étaient Safi-Gholi Ashrafi et Rouhollah Ashrafian. Ils ont été pendus en public dans un terrain de football à Sorkh Hesar devant leurs familles, leurs proches et les habitants de la ville.

Safi-Gholi a été exécuté dans le même champ qu’il avait jadis construit, avec le soutien de la population locale. (Sa photo provient du même endroit où il a été exécuté plus tard.)

Le Dr Gholam-Hossein Rashidi, un autre membre du groupe Ayyaran, a été exécuté par les pelotons d’exécution du régime en 1983. Le régime des mollahs lui avait offert le poste de ministre de la Santé en échange de l’abandon de sa cause et de ses convictions. Mais le Dr Rashidi a refusé en raison de sa passion pour les idéaux de liberté et de démocratie pour son peuple. Le Dr Rashidi a soigné plusieurs partisans et membres blessés de l’OMPI qui ont été blessés lors de la répression brutale du régime contre la grande manifestation de l’OMPI le 20 juin 1981 à Téhéran.

Le professeur Sadrollah Siahmansouri était un autre membre d’Ayyaran. Il était professeur de génétique. Ses recherches scientifiques et ses livres sont toujours utilisés dans les universités iraniennes, sans mentionner son nom. Le régime des mollahs a également offert au professeur Sadrollah le poste de ministre de la Santé, mais comme le Dr Rashidi, il a refusé cette offre.

Dans un autre cas, alors qu’Ahmad Zangi, un autre membre d’Ayyaran était pendu, il a été interrogé sur sa dernière demande. Il a répondu qu’il avait une dernière demande. Les agents du régime pensaient qu’il allait abandonner sa cause et sauver sa vie. Ahmad Zangi a ri et leur a dit: «Je suis membre de l’OMPI, je ne suis pas un trafiquant, j’ai faim et j’ai besoin d’un sandwich».

Un autre membre Ayyaran était Heidar-Ali Siahmansouri. Lorsque sa famille lui a dit que ses amis et ses compatriotes avaient été pendus, il leur a dit: «Faites un sacrifice » (une tradition musulmane où un mouton est sacrifié pour faire un vœu ou remercier Dieu). Sa famille a fait le sacrifice comme il l’avait demandé. Le 30 janvier 1989, il a été pendu par le régime en prison.

Seyyed Heidar Nouri (parachutiste de l’armée), Ghorban Ali-Darvish, Amanullah Siahmansouri, Darvish-Ali Teymouri, Heidar-Ali Teymouri, Bahram-Ali Teymouri, Yahya Teymouri et Gholam-Ali Teymouri, étaient d’autres membres de l’Ayyaran exécutés en 1988.

Les tombes des membres d’Ayyaran sont situées au cimetière Beheshte Sakineh à Karaj et ont été enterrés dans la même rangée.

C’était une petite partie de l’histoire héroïque d’Ayyaran qui reflète l’honneur, la dignité et l’endurance d’une part et la sauvagerie et la tyrannie des mollahs d’autre part.

À l’été 1988, plus de 30 000 prisonniers politiques ont été sauvagement exécutés par le régime des mollahs. Au cours des 30 dernières années, le monde est resté silencieux sur le massacre de 1988 et les responsables du crime sont toujours au pouvoir. En 2016, Maryam Radjavi, la présidente élue du CNRI, a appelé à une campagne pour la justice pour révéler les atrocités du régime et a demandé à la communauté internationale de tenir les auteurs de ce crime contre l’humanité responsables de leurs actes et de les traduire en justice.

Les démocrates iraniens estiment qu’il est temps qu’on traduise en justice les criminels au pouvoir en Iran et les tienne responsables des crimes qu’ils ont commis au cours des 40 dernières années.

 

 

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